Les décès par surdose sont en hausse au Québec et le problème pourrait s’aggraver
En 2024, le Québec a enregistré un nombre record de morts par surdose, soit 645 en un an. Plusieurs acteurs du milieu craignent que la lutte contre les drogues soit insuffisante pour freiner cette tendance dans la province. Selon elle, le Québec a été Sarah Larney, chercheuse et professeure agrégée au département de médecine familiale et de médecine d'urgence à l'Université de Montréal Photo : Radio-Canada / Stéphane Lord En avril 2016, la Colombie-Britannique a déclaré une urgence de santé publique après avoir recensé plus de 200 surdoses mortelles en moins de quatre mois. En 2017, la province de Québec, elle, a enregistré 181 cas de surdoses mortelles ou présumées, selon les données de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). En 2018, ce total a plus que doublé, atteignant 424 décès. Le pic suivant a été enregistré après le début de la pandémie de COVID-19. À première vue, le bilan des morts au Québec semble faible par comparaison avec celui de la Colombie-Britannique ou de l’Alberta. Or, les surdoses mortelles sont en baisse dans la majeure partie de l’Amérique du Nord, sauf au Québec, où la tendance est plutôt à la hausse. Mme Larney reconnaît qu'il est difficile de déterminer les raisons exactes de l'augmentation des surdoses au Québec. Selon elle, les drogues, comme le fentanyl, semblent s'être répandues d'ouest en est au pays depuis le début de la pandémie. Selon les experts, la fermeture des frontières pendant la pandémie a rendu certaines drogues moins accessibles. C’est le cas notamment de la cocaïne, nécessaire à la production du crack. Les trafiquants de drogues, désireux de maximiser leurs profits malgré l'épuisement de leur stock de cocaïne, ont commencé à ajouter des opioïdes tels que le fentanyl à leurs produits. Martin Rivest, de l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Antoni Nerestant Martin Rivest, un intervenant social qui travaille avec l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), a pu constater cette évolution au fil des années. Depuis près de 10 ans, Andréane Desilets est la directrice générale de la Maison Benoît-Labre à Montréal, qui abrite un centre d'injection et d'inhalation supervisées. Elle se souvient d’une époque où les surdoses étaient rares et ne survenaient que quelques fois par an. Andréane Desilets, directrice générale de la Maison Benoît-Labre Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel Depuis la pandémie, les personnes qui se présentent à une ressource en montrant des signes de surdose sont devenues un phénomène Dans de nombreux cas, les personnes intoxiquées ne savent même pas que les drogues qu'elles consomment contiennent des opioïdes. Son manque d'optimisme quant à la capacité du Québec de renverser cette tendance inquiétante est partagé par la chercheuse et professeure Sarah Larney. Le mois dernier, la Direction régionale de santé publique de Montréal a publié un avis concernant les décès récents de quatre personnes par surdose impliquant du carfentanil, un opioïde synthétique 100 fois plus puissant que le fentanyl. L'Institut national de santé publique du Québec doit publier ce mois-ci ses données sur les décès par surdose au cours du premier trimestre de 2025. D'après un reportage d'Antoni Nerestant, de CBC News Je crains que nous n'en soyons qu'aux premiers stades de ce qui va devenir un problème beaucoup plus grave si nous ne changeons pas notre façon de le traiter
, déclare Sarah Larney, chercheuse et professeure agrégée au département de médecine familiale et de médecine d'urgence à l'Université de Montréal.largement épargné par les crises de surdoses au Canada
.
Nous avons remarqué dans ces autres provinces que ce n’est pas une tendance qui se résorbe rapidement
, affirme Mme Larney, qui a cosigné une étude réalisée en 2024 sur cette nouvelle tendance au Québec.La pandémie, un moment décisif

Il y a un moment où tu arrêtes de voir les personnes que tu as l’habitude de voir dans la rue […] Soudainement, on demande autour : "On n’a pas revu cette personne depuis un moment. Avez-vous eu de ses nouvelles?" C'est comme ça que ça se passe. Ils sont souvent morts, malheureusement
, explique-t-il.Des surdoses
quotidiennes
sur le terrain
quotidien
, affirme-t-elle.La seule chose que nous voyons, ce sont des chiffres qui ne cessent d'augmenter parce que nous n'avons pas le système qu'il faut
pour affronter une telle crise, dit-elle.Il y a beaucoup de gens sur le terrain qui font beaucoup de bruit, mais cela n'a pas beaucoup d'impact sur les personnes qui pourraient apporter les changements nécessaires
, déplore-t-elle.
Advertising by Adpathway




