Qu’est-ce que les minéraux critiques?
On les convoite, on veut les posséder, on veut les exploiter – une véritable course aux minéraux critiques se dessine actuellement entre les dirigeants du monde entier. Mais de quoi est-il question lorsqu'on parle de métaux, de minéraux et de terres rares? Et pourquoi ces ressources constituent-elles un enjeu géopolitique de premier ordre? Éclairage. La transition énergétique repose en grande partie sur les minéraux critiques. Ils sont nécessaires à la fabrication de différentes technologies de pointe, mais aussi à la production et au stockage d'énergies. Ils permettent de fabriquer, entre autres, des téléphones cellulaires, des batteries de véhicules électriques, des panneaux solaires, des éoliennes ainsi que des équipements médicaux et militaires. Plusieurs pays ont établi une liste de minéraux qu'ils jugent critiques pour leur politique économique, industrielle et de défense. La liste du Canada, par exemple, en compte 34. On y retrouve l'aluminium, le zinc, le cobalt, le lithium, le nickel, et l'uranium, notamment. Cette liste a été publiée pour la première fois en 2021, puis mise à jour en 2024 avec l'aide des provinces et des territoires ainsi que différentes industries et associations canadiennes. Le caractère Les minéraux critiques se cachent principalement dans le sous-sol de la Terre, dans certaines roches qui doivent en être extraites. Certains minéraux comme les terres rares sont présents dans les fonds marins, mais leur exploitation est encore peu pratiquée, puisqu'elle est complexe et coûteuse. L'extraction de minéraux critiques se fait généralement par des méthodes d'exploitation minière. Une fois les minerais extraits, on doit les concasser, les broyer et les purifier pour en tirer les minéraux utiles. Les gisements de minéraux sont concentrés dans différentes régions du monde. En Afrique, par exemple, la République démocratique du Congo possède des réserves substantielles de cobalt. Le lithium est particulièrement abondant au Chili, en Bolivie et en Argentine, dans le désert d'Atacama. Un tapis roulant transporte des morceaux de cobalt brut après une première transformation dans une usine de Lubumbashi, en République du Congo. Les morceaux seront ensuite exportés, principalement en Chine, pour être raffinés. Photo : Getty Images / SAMIR TOUNSI Le Canada, lui, est le plus grand producteur et exportateur mondial de potasse. Quant au Groenland, son sous-sol recèle l'une des plus grandes réserves mondiales de terres rares – c'est notamment pourquoi Donald Trump s'intéresse au territoire danois. Les États-Unis ont également négocié un accord avec l'Ukraine pour l'exploitation des minéraux critiques dans le sol ukrainien en échange d'aide militaire dans sa guerre contre la Russie. La Chine mène présentement cette compétition mondiale : elle assure 70 % de l’extraction et 90 % de la transformation d’éléments de terres rares. Elle fournit également plus de 50 % des ressources naturelles qui servent à la fabrication des panneaux solaires et des éoliennes, soit un levier de taille dans le bras de fer commercial qui l’oppose aux États-Unis. La concentration de la production et du traitement de minéraux dans certaines régions du monde pose toutefois un risque pour les pays qui ne peuvent pas les produire eux-mêmes. Lorsque des politiques restrictives sont adoptées par certains pays, comme c'est le cas des droits de douane de Donald Trump, la chaîne d'approvisionnement peut rapidement être perturbée. Le sol du Canada contient plus de 60 minéraux et métaux répartis dans des collectivités rurales, éloignées et autochtones. En 2024, 47 mines de minéraux critiques étaient en activité au pays. Dans un contexte de guerre économique mondiale, le Canada pourrait donc se tailler une place de choix dans la chaîne d'approvisionnement. Ottawa et les provinces pèsent d'ailleurs sur l'accélérateur pour développer des projets d'exploitation minière et rattraper le retard dans cette course internationale. À ce jour, le Canada compte près de 30 projets avancés, c'est-à-dire des projets dont les réserves minérales ont été prouvées et dont la faisabilité a été confirmée par une étude économique préliminaire. Ces projets concernent des sites où l’on extrait ou prévoit d’extraire au moins un minéral critique canadien, mais aussi d'autres minéraux et métaux qui pourraient être exportés vers des partenaires économiques. Cela dit, le Canada ne produit pas tous les minéraux critiques inclus dans sa liste. Certains minéraux, comme l'antimoine, le césium, le germanium, le scandium et le tantale, doivent être importés. Le premier ministre, Mark Carney, a par ailleurs dévoilé que le renforcement des chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques faisait partie des priorités qui orienteront son programme au Sommet des dirigeants du G7, qui se tiendra en Alberta du 15 au 17 juin 2025. Avec des informations de Margaud CastadèreQu'est-ce qui les rend « critiques »?
critique
de ces matériaux peut changer au fil du temps en fonction de l’offre et de la demande, des développements technologiques et des besoins sociétaux.Où les trouve-t-on?

Qui domine le marché?
Et le Canada dans tout cela?
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