Quand les CV de cuisinier se font rares dans les restaurants
Par le passé, elles avaient l’habitude d’ouvrir dès le mois de mai, mais cette année, les propriétaires du restaurant de fruits de mer les Terrasses du Capitaine ont décidé de repousser son ouverture, car les candidatures de cuisiniers se font rarissimes. Pour éviter la fermeture totale du restaurant, cet été, les deux sœurs Gabrielle et Frédérique Néron se sont creusé la tête pour s’adapter à la pénurie de main-d’œuvre qui les frappe. En mode solution, leur réflexion les a amenées à changer le concept du restaurant : un nouveau menu, plus simple et accessible, avec une touche d'inspiration cajun, et des horaires réduits. Frédérique Néron est co-propriétaire du restaurant, ainsi que de la poissonnerie Soucy et, juste à côté, du casse-croûte du pêcheur. Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard Dès jeudi, les Terrasses du Capitaine pourront accueillir leurs premiers clients, mais seulement trois jours par semaine dans un premier temps, explique Frédérique Néron. Elle a bien conscience que les heures réduites risquent de décevoir les clients, mais elle n'avait plus d'autres choix. On sent chez elle une certaine inquiétude de faire face à la réaction des clients, surtout les plus habitués, qui pourraient se montrer récalcitrants devant de tels changements. Les copropriétaires ont travaillé durement pour offrir un nouveau plat : le seafood boil, un plat louisianais aux épices cajuns. Elles espèrent que les clients y adhéreront. Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard Les rares cuisiniers, eux, ont l'embarras du choix, car les Terrasses du Capitaine ne sont pas les seules à chercher des professionnels des fourneaux. Un jeune cuisinier montréalais avait C'est finalement à la Cache d'Amélie qu'il exerce son métier, mais il sent que plusieurs restaurants sont prêts à engager, peu importe le contenu du CV, peu importe les références des candidats. Le nouveau menu des Terrasses du Capitaine permettra de fonctionner avec un effectif réduit en cuisine. Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard Le porte-parole de l’Association Restauration Québec, Martin Vézina, constate que d'autres régions ont aussi de très grandes difficultés à recruter des cuisiniers, contrairement à Montréal. Il est d'avis que la solution réside dans la modification du Programme de travailleurs étrangers temporaires d’Ottawa. Le recrutement des jeunes travailleurs en restauration est d'autant plus compliqué sur la Côte-Nord en raison des emplois très bien rémunérés dans les grandes industries, qui attendent les étudiants en vacances ou dès la fin de leurs études. Quant à Frédérique Néron, elle garde espoir de recruter davantage de cuisiniers pour pouvoir étendre les heures d’ouverture du restaurant, dès le début des vacances scolaires. D'après les informations de Charles-Étienne Drouin
On garde le "terre et mer" et le homard, les petites bouchées, et on développe le côté pub. On délaisse un peu les produits locaux : on n’a pas le choix d’aller ailleurs pour avoir des produits plus abordables
, explique Frédérique Néron. On a travaillé très fort pour ouvrir la fin de semaine prochaine
, souffle-t-elle. 
Plus facile pour les cuisiniers
le sentiment d’être la perle rare
lorsqu'il est venu s'établir à Baie-Comeau, en novembre. À partir du moment où tu mentionnes que tu es cuisinier, tout le monde se lance et offre un emploi
, témoigne Édouard Bélanger. 
Immigrants à la rescousse?
Si on ne réussit pas à les garder, de plus en plus de restaurants vont se trouver dans la même situation, obligés de fermer, ou de réduire leurs heures d’ouverture
, prévient-il.
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