Le bilan de la Victoire teinté par la tenue d’un repêchage d’expansion
Les raisons qui peuvent avoir expliqué l’élimination de la Victoire en quatre matchs dans sa série de premier tour face à la Charge d’Ottawa ont été reléguées au second plan, mardi, lors du bilan de fin de saison de l’équipe montréalaise. La tenue d’un repêchage d’expansion, qui exigera que chaque formation protège trois joueuses et s’expose à en perdre au moins quatre au profit des nouvelles concessions de Vancouver et Seattle, est en toile de fond de tout changement que pourrait faire la Victoire cet été dans un effort de s’améliorer. Les joueuses ont tellement milité pour la création d’une ligue professionnelle stable qu’aujourd’hui, les allégeances sont partagées entre le sentiment d’appartenance des joueuses envers la Victoire et leur enthousiasme de voir la LPHF prendre de l’expansion. Comme l'a rappelé la directrice générale Danièle Sauvageau, la Victoire a le double mandat d’aider à développer la LPHF tout en aidant à développer le marché de Montréal. Or, à entendre les joueuses, mardi, s’assurer que deux nouvelles formations intègrent les rangs du circuit et qu’elles puissent être compétitives dès leur première saison semble avoir préséance. Sauvageau a dit ne pas savoir encore quelles seraient ses trois joueuses protégées, même si elle a assuré que Poulin Ambrose est la vedette à la ligne bleue de la Victoire et, en dépit d’une saison en deçà de ses propres attentes, surtout au plan de l’apport offensif, elle demeure une joueuse susceptible d’intéresser Vancouver ou Seattle. La Victoire était une prétendante naturelle à la Coupe Walter étant donné qu’elle avait terminé au sommet du classement de la LPHF. Or, l’attaque est tombée à plat dans les moments cruciaux, particulièrement lors des deux derniers matchs au cours desquels la Victoire n'a marqué qu’un seul but. Manifestement, la fin de semaine a été de bon conseil pour les joueuses de la Victoire, dont les émotions étaient à fleur de peau tout juste après leur revers de 2-1 dans le quatrième match face à Ottawa. Faisant écho aux propos de sa capitaine, Sauvageau s’est dit fière d’avoir vu la Victoire terminer au 1er rang du classement en saison, mais a quand même reconnu les ennuis offensifs de l’équipe face à la Charge. En séries, c’est la capacité de s’élever, la capacité de terminer (les jeux) autour du filet qui semble à nouveau avoir manqué cette année. Cette élimination peut-être un brin prématurée ne remet pas en question ce qui a été accompli cette année, a ajouté Sauvageau, même si la Victoire s’est inclinée devant une équipe plus rapide qu’elle et au moins aussi bien préparée. La Victoire croyait avoir corrigé son manque de profondeur de la saison dernière avec l’arrivée de nouvelles joueuses, mais elle s’est essoufflée au retour de la pause du Championnat du monde, et certaines lacunes sont remontées à la surface. L'entraîneuse-chef de la Victoire de Montréal, Kori Cheverie. Photo : Radio-Canada / Olivier Languedoc Devant l’incertitude qui secoue les organisations de la LPHF à l’approche de l'expansion, il n’est pas étonnant que la Victoire veuille maintenir de la continuité et de la stabilité là où elle le peut, entre autres derrière le banc. En dépit des résultats décevants en séries pour une deuxième année de suite, Sauvageau a confirmé le retour de l’entraîneuse-chef Kori Cheverie la saison prochaine. Celle-ci devra faire les constats qui s’imposent pour amener l’équipe à l’échelon supérieur l’an prochain et trouver le moyen d’inciter ses joueuses à attaquer davantage de l’intérieur de l’enclave. Mais en attendant de savoir quelles joueuses d’impact quitteront la formation, il est difficile pour la Victoire d’identifier ce qu’il y aura de plus important à corriger la saison prochaine. Sauvageau a expliqué que la LPHF était une ligue à court terme, en ce sens où les équipes avaient intérêt à viser le succès immédiat plutôt qu’une construction étalée sur plusieurs saisons. La Victoire veut corriger son manque de profondeur, elle se prépare à perdre des joueuses de qualité à cause de l’expansion et elle est consciente de l’importance d’aller chercher du succès rapidement. Dans ce contexte peu évident, on la comprendra de ne pas s’attarder trop longtemps sur l’autopsie de sa défaite et de se préoccuper le plus rapidement possible de la suite des choses.Tu crées ces liens-là tout au long de l’année, tu crées une culture où tu veux que ces filles-là restent, mais en faisant cette expansion-là, ça fait partie du professionnalisme que de comprendre que certaines de ces filles-là vont partir
, a indiqué l’attaquante vedette Marie-Philip Poulin.C'est étrange parce que je ne pensais pas du tout à l'expansion quand on jouait, mais maintenant que c'est fini, il y a cette réalité qu’il y a du monde qui va partir, et on ne sait pas ce sera qui, a dit la jeune Abby Boreen. C'est triste de quitter une équipe, mais le hockey féminin est en pleine croissance et il y aura beaucoup d'emplois disponibles. Ce sera formidable pour la ligue.
n'allait nulle part
. En toute candeur, la défenseuse de 31 ans Erin Ambrose a toutefois dit que si elle était DG, il n’y a aucun doute qu’elle protègerait Poulin, Laura Stacey et Ann-Renée Desbiens.Il y a beaucoup d'inconnu et d'anxiété liés à cela, mais aussi de l'enthousiasme, parce que ça signifie que notre ligue fait quelque chose de bien, a dit Ambrose. Ça signifie qu’on se développe en tant que ligue professionnelle. C'est une situation malheureuse, car j'aimerais rester ici, mais c'est hors de mon contrôle.
Difficultés offensives
Il aurait fallu mettre la rondelle dans le but et on ne l’a pas fait, a reconnu Poulin. Leur gardienne était en feu, elle a fait de très bons arrêts tout au long de la série. Il y a plusieurs affaires qu’on peut regarder. Quand tu perds, tout est négatif, mais si on prend un pas de recul, on a terminé premières de l’année, on a très bien fait, on a mis un groupe ensemble qui a travaillé fort tout au long de la saison.
Ann-Renée Desbiens a fait les arrêts et défensivement, oui, on a donné des lancers et des chances de marquer, mais on a eu ces chances-là nous aussi sur lesquelles on n’a pas capitalisé
, a fait remarquer la dirigeante.On se doit de trouver une certaine magie, une certaine cohésion entre nos trios, a convenu Sauvageau. Ça a été trop peu, trop tard.

Cheverie de retour
Ne sachant pas à quelle vitesse on va continuer d’ajouter des équipes, il faut être compétitif à court terme, a mentionné la DG. On ne peut pas repêcher pour performer dans trois ans. Il faut performer à tous les matchs.
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