Alexandra Labelle, joueuse et barista de la Victoire de Montréal
Alexandra Labelle est souvent qualifiée de coéquipière parfaite. Joueuse particulièrement reconnue pour sa hargne et son excellent jeu défensif sur la patinoire, rassembleuse dans le vestiaire, elle est aussi la barista officielle de la Victoire de Montréal, nous dit-on. La Québécoise réalise son rêve. Après avoir passé une saison à New York, elle est rentrée à la maison et porte maintenant les couleurs de la Victoire. L’ancienne joueuse des Carabins de l’Université de Montréal vit de sa passion, chose qu'elle aurait cru impossible il y a quelques années à peine. Si plusieurs athlètes professionnels se retrouvent face à l’inconnu à l’aube de la retraite, ce n’est certainement pas le cas de la hockeyeuse de 29 ans. L’attaquante n’a pas l’intention de raccrocher ses patins sous peu, mais lorsque viendra le temps, elle a déjà un plan bien défini. Par un mercredi matin frisquet d’avril, pendant un congé de l'équipe, elle accueille ses coéquipières Kati Tabin et Catherine Dubois chez elle, question de boire un café. Sa maison, située dans l’arrondissement de Verdun, non loin de leur centre d’entraînement, est devenue un lieu de rassemblement pour les joueuses montréalaises. Dubois connaît Labelle depuis de nombreuses années déjà, pour avoir joué à ses côtés avec les Carabins. Ces réunions sont un moment qui leur permet de relaxer. Une occasion de tisser des liens. On y discute de tout et de rien, mais surtout de hockey, avec presque toujours un café à la main. Alexandra Labelle n’est pas simplement une fille qui aime le café. Pour elle, c’est une véritable passion. Animée par son côté artistique, elle a développé une certaine expertise pour l’art latté. Alexandra Labelle et Catherine Dubois ont bien hâte aux séries de la LPHF. Photo : Radio-Canada Elle tente de transmettre sa passion à ses coéquipières. Elle est même allée avec plusieurs membres de la Victoire suivre un cours d’art latté. Elle admet que ses amies sont plus talentueuses sur la patinoire. Prendre un café chez Alexandra Labelle est donc, en quelque sorte, une tradition. Alexandra Labelle et sa passion pour le café. Photo : Radio-Canada Si elle aime faire plaisir aux autres, la Québécoise dit que la simple présence de ses amies, chez elle, a eu l’effet d’un baume sur son cœur au cours des dernières semaines. Le 18 février dernier, elle a subi une fracture à la main, blessure qui a nécessité une intervention chirurgicale et une longue, trop longue à ses yeux, période de rééducation. C’est à ce moment qu’elle nous montre sa tasse fétiche, celle qu'elle prenait tous les jours pendant sa rééducation. Fais confiance au processus. Catherine Dubois boit un café, sous les yeux attentifs de Kati Tabin. Photo : Radio-Canada Quand l’équipe était sur la route, le silence pesait lourd pour Alexandra Labelle. Mais dès que ses coéquipières revenaient, elle les invitait à prendre un café. Avec des doigts dans un plâtre, les dessins dans la mousse de lait n’étaient peut-être pas parfaits, mais c’était devenu secondaire. Aussi passionnée de hockey soit-elle, elle garde constamment en tête son projet d’ouvrir, un jour, son propre café. Le Mais d’ici là, Alexandra Labelle a un autre rêve. Finalement remise de sa blessure, elle vivra sous peu un premier match éliminatoire chez elle, devant ses parents et amis. Et qui sait, elle pourrait réussir à rapporter la coupe Walter à la maison.Elle aime recevoir, souligne-t-elle. Elle a toujours été comme ça. On vient souvent pour prendre un café, on vient aussi souper.
Parfois, elle nous invite, mais souvent, on s’invite directement
, ajoute Tabin en riant.J’ai un bon trois ou quatre ans d’expérience comme barista. J’ai fait ma formation. Je travaille dans un café pendant l’été. Je suis même devenue la gérante
, explique-t-elle, en préparant, ce qu’on pourrait qualifier d’œuvre d’art.
Il y en a plusieurs qui ont travaillé fort et qui voulaient réussir. Kristin O’Neill est très artistique et attentive aux détails. C’est elle qui était la plus près de réussir. Il y en a pour qui c’était plus difficile
, souligne-t-elle, en se tournant vers Dubois et Tabin, sourire aux lèvres.Après les séances d’entraînement, pendant qu’on fait nos étirements, je leur demande souvent si elles veulent venir prendre un café. Pour celles qui ne viennent pas d’ici, j’ai l’impression que ça leur amène un côté familial
, avance-t-elle, tout en offrant un jus protéiné à ses convives.Quand je reçois les gens, j’ai toujours autre chose à leur offrir. Je veux que les gens soient bien. J’aime leur faire plaisir. J’aime faire des cafés, passer du temps avec elles. Je suis définitivement la barista officielle de l’équipe
, dit-elle en mettant exactement 18 grammes d'espresso moulu dans le panier. 
Ça allait trop bien. C’est souvent dans ces moments-là que ça arrive une blessure comme ça. Je n’ai jamais vécu une grosse blessure comme ça. Quand je suis arrivée chez le médecin, je ne le croyais pas. Je me disais que ce n’était pas possible
, confie-t-elle.Trust de process
, peut-on lire sur la tasse. J’ai vécu tous les sentiments possibles. Beaucoup de frustration. Je voulais savoir quand je pourrais revenir au jeu. Je voulais que ce soit le plus vite possible. Le médecin ne pouvait pas me répondre. J’ai pratiqué ma patience et je la pratique encore
, reconnaît-elle. 
Ç’a été vraiment difficile. Ne pas être avec les filles, c’est ce qui était le plus difficile pour moi. Pendant cette période, je me suis vraiment rapprochée de Cath et de Kati parce qu’elles étaient vraiment là pour moi.
Quand elles étaient ici, je voulais qu'elles viennent me voir. Je m’ennuyais d’elles. Je leur faisais des cafés. C’est important de parler aux autres de ce qu’on vit. Je les remercie d’avoir été là. Dès le début, j’ai senti que c’était un groupe spécial.
Lab café
peut-être. Comme un laboratoire. Comme Labelle.
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