Canadien : rythme et capacité d’adaptation pour surmonter son plus grand défi
Il est vrai qu’il ne s’en serait point trouvé beaucoup pour parier sur les chances du Canadien d’être toujours vivant au moment où l’on s’apprête à tourner la page du mois d’avril au calendrier grégorien. Jake Evans s’est fait un devoir de le rappeler après l’entraînement, mardi midi, deux heures avant que l’équipe s’envole vers Washington pour y disputer le cinquième match de sa série contre les Capitals. À l’exception, possiblement, de l’entracte entre la 2e et la 3e période du match de dimanche lorsque le Canadien menait 2-1 et se trouvait à 20 petites minutes de créer l’égalité dans cette série. Cela étant, on peut le croire sur parole lorsqu’il estime avoir Coincé au 23e rang de la LNH avec 2 % de chances de participer au tournoi au matin du 22 février, juste avant d’amorcer une spectaculaire remontée au classement, difficile de le contredire, mais ce n’était qu’une impression. Pas cette fois. Cette fois, le CH n’aura pas le droit à l’erreur et tout indique qu’il devra en plus se débrouiller sans l’un de ses as défensifs : Alexandre Carrier. Le défenseur de 28 ans brillait par son absence à l’entraînement, lui qui a été envoyé au tapis par une percutante mise en échec de Tom Wilson dimanche. Il sera du voyage à Washington et Martin St-Louis n’a pas fermé la porte à ce qu’il puisse être en uniforme, mais la violence de l’impact et le fait que sa tête a semblé en encaisser une bonne partie laissent croire le contraire. Il fait tout si bien. Il n’a pas vraiment de faiblesses. Il joue dur, il est taillé sur mesure pour les séries éliminatoires. Il joue de la bonne façon, simple, en ligne droite, la rondelle ne reste pas longtemps sur son bâton. Il est un immense morceau de notre équipe. Ce n’est pas le premier coup dur pour le CH, déjà privé de son gardien numéro un, Samuel Montembeault, et de Patrik Laine, visiblement blessé à la main droite, quoique dans son cas, les mauvaises langues diront peut-être qu’il s’agit d’un mal pour un bien. Enfin, qui sommes-nous pour en juger, à part un scribe passant sa vie à regarder des matchs de hockey. Laine, pour sa part, a sauté sur la glace mardi matin. Il a d’abord longuement patiné en zigzaguant, semblant tester son agilité en contrôle du disque. Plus tard, après avoir décoché quelques tirs sur réception, le Finlandais a été aperçu en train de retirer son gant, secouer sa main droite et grimacer légèrement. Il est officiellement évalué quotidiennement par l’équipe médicale, comme Montembeault et Carrier. Il faudrait se voiler la face pour espérer davantage de transparence à ce point de la saison. Encore une fois, le Canadien devra mettre au banc d’essai sa capacité d’adaptation. Après le changement de gardien et les trios remaniés, voilà que les duos défensifs devront visiblement changer. Jayden Struble risque de jouer à droite, Mike Matheson héritera d'un nouveau partenaire : voilà quelques-uns des dominos qui tomberont si Carrier s'absente. Alexandre Carrier Photo : AP / David Zalubowski Un peu comme l’attaque a su le faire et tout particulièrement l’unité d’avantage numérique qui a marqué 4 buts en 9 occasions depuis le départ de Laine. Le trio d’Evans aussi. Celui-ci s’est inséré au centre d’Alex Newhook et d’Ivan Demidov depuis la troisième période du deuxième match et les résultats sont probants. Ce trio, officiellement le troisième de l’équipe, a contrôlé 70 % de la possession, 83 % des tirs au but et 100 % des chances de marquer de grande qualité pendant les 19 minutes passées sur la glace à cinq contre cinq. Des chiffres à l’opposé de ce qu’avaient généré Newhook et Demidov en compagnie de Laine. À trois, ils n’avaient obtenu aucune chance de marquer et en avaient accordé sept. Les Capitals ont aussi marqué deux fois contre eux à forces égales tandis que le triumvirat n’a pas su répliquer. Bref, il y a dans cette relance de l’attaque du Canadien dans les deux derniers matchs un peu du sceau de Jake Evans. Lui n’en fait pas grand cas et affirme ouvertement que son jeune coéquipier russe possède Sans Carrier, la défense devra épouser les mêmes contours, sans quoi… Pour ce faire, St-Louis table sur un concept qu’il répète dès qu’il en a l’occasion et, comme chacun sait, elles sont nombreuses lorsque vous êtes l’entraîneur du CH. Traduisons cet anglicisme par le rythme du match ou l’erre d’aller. C’est tout ce dont tu as besoin pour décrocher une victoire. Toutes tes actions comptent. Si tu dictes le rythme, es-tu capable d’amener ça au prochain match? Ça fait beaucoup de questions sans réponse, mais l’on connaît le mot-clé du discours qu’il livrera à ses joueurs mercredi soir. Dans l’histoire de la ligue, 90,8 % des équipes qui ont pris l’avance 3-1 dans une série sont parvenues à achever leur adversaire. C’est loin d’être mission impossible pour le CH, juste hautement improbable. Mais six joueurs de cette équipe l’ont fait en 2021 contre les Maple Leafs de Toronto, dont Evans. Voyons voir ce que les jeunes (et moins jeunes) ont encore dans le ventre.Si tu nous avais dit ça à n’importe quel moment de la saison, on l’aurait pris
, a laissé tomber le centre de 28 ans.l’impression de jouer du hockey sans lendemain depuis deux mois
.Tu ne remplaces pas un joueur [comme Carrier] avec un autre joueur. Ça se fait collectivement. Ce sera à plusieurs gars de prendre le relais si jamais c’est le cas
, a fait valoir Martin St-Louis.
une tonne d’habiletés de plus que [lui]
, ce que n’a pas infirmé Cole Caufield, sourire aux lèvres. N’empêche, son aisance à passer d’un rôle défensif à facilitateur offensif a, jusqu’ici, drôlement bien servi le Canadien.Une chose à la fois
Les gars sont confiants. On sait qu’on est capables de jouer avec eux. Il va falloir être plus chirurgical au prochain match. On ne regarde pas la montagne, on regarde un match. Et je sais qu’on a une équipe capable d’aller gagner un match sur la route
, a lancé l’entraîneur.Le momentum
, a suggéré un journaliste.Merci
, a répondu St-Louis.Ça ne veut pas dire que tu l’auras tout de suite, mais peux-tu aller le chercher vite? Tu ne sais pas. Vas-tu gagner la première mise au jeu, avoir la possession de la rondelle ou vas-tu avoir à te défendre? Mais surtout, es-tu capable de ne pas le leur donner?
a-t-il expliqué.[Les Shea Weber et Corey Perry] nous disaient : Tu ne sais jamais quand tu vas retourner en séries éliminatoires. Ils avaient raison. Maintenant, c’est à nous de leur raconter notre expérience, ce qui a marché, comment on était revenus, mais il ne faut pas trop mettre de pression non plus et les laisser jouer. Les jeunes apprennent pendant le match. Il faut les laisser faire leur travail
, a-t-il estimé.
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