« Fredski » se tourne vers les Jeux paralympiques

La paraskieuse Frédérique Turgeon a subi l’automne dernier une blessure au genou qui lui a fait rater l'entièreté de la saison. C’est un peu pour cette raison qu’elle a accepté l’invitation à prendre part à une nouvelle saison de la téléréalité Big Brother Célébrités (BBC), où elle pouvait user de son esprit compétitif tout en poursuivant sa convalescence.
L’athlète de Candiac est sortie il y a quelques jours à peine de la maison de BBC, après s’être retrouvée parmi les derniers finalistes. Il s’agissait d’une deuxième expérience du genre pour elle, après s’être aussi prêtée au jeu en 2024.
J’ai reçu une invitation pour refaire Big Brother quelque chose comme cinq jours après avoir reçu le diagnostic de ma blessure, qui me confirmait que je ne pourrais pas skier de l’hiver, a-t-elle indiqué à Radio-Canada Sports. Je me suis dit que ça me donnerait un petit projet pour l’hiver, et qu’ensuite je pourrai me relancer dans le ski.
Fredski
, comme elle est surnommée dans l’émission, a donc pu s’entraîner et continuer sa convalescence, mais sous le regard des caméras. Aujourd’hui, elle se dit presque entièrement rétablie d’une tendinopathie patellaire, aussi appelée Jumper’s Knee
.
Cette blessure est fréquente chez les sportifs qui sollicitent beaucoup le même genou, comme c’est le cas pour cette skieuse, née avec une jambe droite plus courte. Frédérique Turgeon pratique son sport sur une seule jambe depuis 2013.
J’ai commencé à ressentir de la douleur après des tests physiques. On a fait des examens, et on a compris que j’avais un problème dans mon ligament. C’est pas mal réglé maintenant. Ça va continuer de prendre beaucoup de temps dans le gymnase pour renforcer le genou. La douleur va persister, de ce que j’ai compris, toute ma vie, mais il y a des façons de renforcer les muscles et tout le reste autour pour atténuer la douleur.
Cette blessure représentait un autre coup dur après une chute lors d’une descente d’entraînement en 2022, qui l’a privée d’une participation aux Jeux de Pékin.
Les athlètes unijambistes comme elle sont plus à risque d’user prématurément leur corps.
Ça vient aussi évidemment avec l’âge, mais on est plusieurs à avoir des problèmes de genoux, et je dois m’inclure dans cette gang-là maintenant. À force de s’entraîner, de sauter avec des poids lourds, le genou encaisse. Il a comme “snappé”, pas complètement, mais c’était une douleur très aiguë.
Comme seule skieuse unijambiste dans l’équipe canadienne, elle admet qu’elle et son entourage avancent parfois à tâtons, en mode essai et erreur, afin de trouver la formule d’entraînement parfaite.
Là, on recommence à reconstruire un programme qui a plus de sens, et après, on essaye de pousser un peu la limite pour voir comment doser correctement
, a-t-elle précisé.
C’est de voir jusqu’à quel point on veut mettre de la charge sur le genou, à quel point on veut le pousser. C’est difficile parfois de distinguer la fatigue physique et psychologique. La clé est dans la communication, entre moi et mon équipe, pour faire grandir le programme d’entraînement.
La skieuse aurait pu opter pour une opération, mais la période de rétablissement aurait été plus longue, et elle aurait dû faire une croix sur la prochaine saison, ainsi que sur les Jeux paralympiques de Milan-Cortina. Son objectif est toujours d’y participer, quitte à réduire un peu sa charge de travail.
Vice-championne du monde de slalom en 2019, Frédérique Turgeon a connu davantage de succès dans les épreuves de vitesse ces dernières années. Elle a notamment remporté l’or en descente lors d’une Coupe du monde présentée à Saalbach, en Autriche.
Elle envisage de laisser de côté les épreuves techniques pour se préserver un peu.
C’est à discuter avec mes coachs, mais c’est sûr que je préférais garder un focus sur les épreuves de vitesse, ce sont mes préférées, c’est là que j’ai le plus de plaisir. Si je peux aussi faire du slalom géant, j’apprécierais, mais du slalom tout court, je pense faire une croix là-dessus. Ça va me détruire physiquement et émotionnellement
, a-t-elle confié.
Je prends les portes avec tout mon corps, parfois ça frappe mon genou, ça pourrait vraiment empirer la situation. C’est triste, car j’ai eu du plaisir en slalom. Mais les épreuves de vitesse risquent d’être moins dommageables, quoique ça va vite!
Frédérique Turgeon n’a de toute façon pas encore obtenu le feu vert pour retourner skier, alors qu'elle a encore plusieurs mois pour récupérer. Elle a néanmoins hâte de retourner sur les pentes, après presque deux ans d’inactivité occasionnée par ses deux participations à BBC.
La compétition me manque beaucoup. La blessure à l’automne m’a beaucoup déprimé. La compétition me manque énormément, a-t-elle admis. Avec mon psychologue sportif, j’ai développé des stratégies pour composer avec ces sentiments.
J’ai hâte à mes prochaines courses, mais j’essaye de ne pas me mettre trop de pression. Quand j’ai du plaisir, quand je m’enlève de la pression, c’est là que je performe le mieux
, a-t-elle conclu.
Les Jeux paralympiques de Milan-Cortina auront lieu du 6 au 15 mars prochain.
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