Chiffrer l’itinérance pour mieux répondre aux besoins
Des bénévoles et des équipes issus d'organismes communautaires procèdent cette semaine à un dénombrement des personnes en situation d'itinérance dans 16 régions du Québec. Déjà, on prévoit une hausse. C'est la quatrième fois qu'on recueille ainsi des données devant servir à mettre en place des politiques et des actions pour contrer le problème de l'itinérance. Sauf que, d'un dénombrement à l'autre, le nombre de personnes sans domicile fixe augmente sans cesse. Alors, qu'est-ce qui ne fonctionne pas? Montréal a vu, durant la dernière année, plus de places que jamais être créées pour abriter ces personnes vulnérables, dit-elle. Les raisons de cette extrême précarité sont multiples, et en pleine évolution. En 2022, par exemple, le phénomène des évictions et rénovictions a pris de l'ampleur, aggravé par la pénurie de logements. Elaine Polflit, directrice des partenariats urbains au CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, explique que le dénombrement, qui en est à sa quatrième édition à Montréal, permet de tracer « un portrait ponctuel d'une dynamique mouvante », soit celle des personnes en situation d'itinérance. Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau En soirée, mardi, 1200 bénévoles, appuyés par 100 organismes communautaires, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et la Société de transport de Montréal (STM) ont quadrillé rues, parcs et ruelles de sept quartiers de la métropole, questionnaires en main, pour repérer des personnes sans abri et leur parler. (À noter que même ceux qui refusent de répondre au questionnaire sont comptabilisés.) Les données recueillies permettront d'en savoir plus sur les personnes en situation d'itinérance, sur leur trajectoire et leurs besoins. En fin de soirée mardi, les bénévoles ont témoigné du succès de l'opération : L'exercice de dénombrement a été mené, mardi, dans 16 régions du Québec, simultanément. Les données recueillies, selon une méthodologie semblable à celle utilisée lors du recensement, seront analysées par l'Institut national de santé publique du Québec et rendues publiques ultérieurement. Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau En 2022, à Montréal, 4690 personnes Ces personnes en « itinérance cachée » peuvent, par exemple, dormir sur le sofa d'un ami, séjourner un temps à l'hôtel ou, encore, partager à plusieurs un logis pour lequel elles n'ont pas de bail ou être hébergées provisoirement dans des refuges, des hôpitaux, des centres de réadaptation ou de désintoxication. Selon l'Enquête canadienne sur le logement de 2018, cela peut être la situation de 15 % des personnes responsables des décisions relatives au logement pour leur ménage. En vertu d'un recensement effectué en une seule nuit en 2024, le ministère de la Santé avait constaté une augmentation de 15 % du nombre de ces personnes sans-abri qui vivent dans des établissements. Pour participer au dénombrement des personnes en situation d'itinérance, ces bénévoles ont suivi une formation obligatoire après s'être inscrits auprès du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal. Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau Publié en avril dernier, le rapport du ministère faisait état de 9307 personnes en situation d'itinérance hébergées dans la nuit du 23 avril 2024. De ce nombre, environ 4 personnes sans-abri hébergées sur 10 (42 %) se trouvaient à Montréal. Mercredi et jeudi de cette semaine, les membres d'organismes communautaires procèdent aussi à un recensement dans divers établissements montréalais offrant de l'hébergement temporaire. Mme Polflit pense que la précarité touche de plus en plus C'est d'être lucide que d'anticiper que le chiffre sera plus important en 2025. Les données du dénombrement, qui seront analysées par l'Institut national de santé publique du Québec, seront rendues publiques ultérieurement. Avec les informations de Marie-Josée Paquette-ComeauOn s'attend à une augmentation du phénomène [de l'itinérance], mais les actions et les investissements suivent quand même
, a assuré Elaine Polflit, directrice des partenariats urbains au CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal en entrevue à Tout un matin, sur ICI Première, mardi.On est monté jusqu'à 2126 durant l'hiver.
La "tache aveugle" [l'angle mort] qu'on a, en itinérance, c'est le passage à la rue
, a expliqué Elaine Polflit. C'est préoccupant parce que, malgré toutes les belles interventions qui sont faites sur le terrain, si des gens continuent à glisser vers la rue, c'est une roue sans fin.

Et il y a tout le phénomène des campements, aussi, qu'on va essayer d'évaluer
, a ajouté Elaine Polflit.Ils nous ont dit que les personnes rencontrées se sont montrées candides et généreuses en décrivant ce qui pourrait les aider, a expliqué Mme Polflit à Radio-Canada.ca. Ils auraient pu continuer à leur parler encore plus longtemps.

L'itinérance qu'on ne voit pas facilement
en situation d'itinérance visible
avaient été recensées.Visible
parce qu'il y a aussi des personnes en situation d'itinérance cachée, ou qui sont beaucoup plus isolées
, explique Mme Polflit.
des personnes qui passent à la rue plus tard dans leur vie
. Et ce, en raison de difficultés financières, de difficulté d'accès au logement ou parce qu'elles sont victimes d'éviction et de rénoviction.On verra aussi comment évoluera la situation des demandeurs d'asile, conclut-elle : de plus en plus de ressources communautaires voient des personnes qui ont des parcours migratoires.
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