Le visage des baisses des cibles d’immigration
Dès que leurs permis de travail seront échus, des travailleurs étrangers temporaires qualifiés dans le domaine de la restauration au Nouveau-Brunswick devront quitter le Canada, la province ne jugeant pas ce secteur d'activité comme étant prioritaire dans le contexte de la diminution des cibles nationales d'immigration. Ils appellent les gouvernements à la clémence pour leur permettre de rester. Lui et sa famille sont arrivés au Canada il y a près de deux ans dans le but d'obtenir une résidence permanente et d'offrir un meilleur avenir à leur fille. Le Philippin Rodel Manuel et son épouse Cindy Fronda affirment que les nuits blanches, les larmes et le stress font partie de leur quotidien. Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau Nous sommes des travailleurs qualifiés. Nous avons une bonne éducation. Nous ne méritons pas ce traitement. Son permis de travail ouvert prend fin à la mi-juin. Son épouse, Cindy Fronda, est cuisinière et est la demandeuse principale du couple. Cela signifie qu'elle a plus de chances de pouvoir rester au Canada plus longtemps. Le cuisinier philippin Edward Jayson Paggao devra également quitter le pays sous peu. Il est arrivé lui aussi comme travailleur étranger temporaire dans le secteur de la restauration. Au Nouveau-Brunswick, le programme qui offre à des travailleurs qualifiés une voie vers la résidence permanente, le Programme d'immigration du Canada atlantique, affichait déjà complet le 4 avril. L'année dernière, la limite avait été atteinte en septembre. C'est que le gouvernement fédéral a diminué de moitié le nombre de places attribuées de ce programme. Devant ce constat, la province a choisi de prioriser les domaines de la santé, de l'éducation et des métiers. La femme d'Edward Jayson Paggao pourra peut-être rester, car elle travaille dans le domaine de la santé. S'ils veulent réduire l'immigration au Canada, ils devraient limiter le nombre de personnes qui entrent au pays et non pas renvoyer celles qui travaillent déjà ici légalement. Edward Jayson Paggao devra vraisemblablement laisser derrière lui sa femme et leur garçon de 7 ans. Les travailleurs étrangers temporaires sont nombreux dans le secteur de la construction au Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau Le restaurateur Bill Allen, propriétaire de Fresh Casual Restaurant, a plusieurs restaurants familiaux. Il affirme que 15 de ses employés devront quitter le pays au cours des six prochains mois lorsque leurs permis de travail prendront fin. Bill Allen ne sait pas s'il pourra offrir le même service à ses clients avec la perte de ces employés. Il envisage une réduction des heures d'ouverture et du nombre de tables dans ses salles à dîner. Le restaurateur Bill Allen craint de perdre, au cours des six prochains mois, 15 travailleurs étrangers temporaires qualifiés qu'il a embauchés pour ses restaurants familiaux au Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau Nous n'avons pas de Canadiens disponibles pour combler ces postes-là, en ce moment. Assis à une table d'un restaurant, sept employés de Bill Allen discutent de leur situation précaire. Erika Mae Biares, arrivée des Philippines avec son mari en 2023, est l'une des employés attablés. Elle souhaitait obtenir la résidence permanente et fonder une famille ici. Ils pourraient devoir quitter le Canada au mois d'août quand leur permis de travail prendra fin. Plusieurs de ces travailleurs étrangers temporaires qualifiés en restauration devront quitter le pays s'ils n'obtiennent pas de prolongation de leur permis de travail. Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau Ça ne fait pas de sens. Nous sommes venus ici en toute légalité. J'espère que le gouvernement fédéral va entendre notre histoire et comprendre la lutte qu'il faut mener quand on est un immigrant. Dans le contexte des cibles d'immigration annoncée l'automne dernier au pays, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a choisi de prioriser certains secteurs, dont la santé, l'éducation et la construction. Le milieu de la restauration, bien qu'il doive composer avec un manque de main-d'œuvre, ne fait pas partie des groupes priorisés par la province. Le ministre responsable de l'Immigration du Nouveau-Brunswick, Jean-Claude D'Amours. Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau Il ajoute qu'il annoncera bientôt de Le Nouveau-Brunswick aura besoin d'environ 133 000 travailleurs au cours des dix prochaines années pour combler ses besoins en main-d'œuvre, précise le ministre.On espère un traitement équitable puisque le gouvernement fédéral nous a laissés entrer au Canada
, explique Rodel Manuel, originaire des Philippines.
C'est très frustrant. C'est vraiment stressant, vous savez? On a des nuits blanches. Le temps viendra où il devra nous quitter. On ne sait pas s'il pourra revenir
, s'inquiète Cindy.Programme complet pour 2025
Il nous manque de temps pour trouver une solution et obtenir notre résidence permanente
, confie-t-il.
15 employés devront partir
Ce sont des travailleurs qualifiés qui ont prouvé qu'ils avaient l'éducation et les compétences pour venir travailler ici. Et ce sont eux qu'on renvoie dans leur pays d'origine
, se désole-t-il.
Sentiment d'abandon

Secteurs exclus

La réduction des allocations nous a obligés à prendre des décisions difficiles et c'est pourquoi nous restons déterminés à travailler avec nos homologues fédéraux pour trouver un moyen d'augmenter le nombre de certificats que nous pouvons offrir
, écrit le ministre responsable de l'Immigration du Nouveau-Brunswick, Jean-Claude D'Amours.bonnes nouvelles
en matière d'immigration.Au cours des prochaines semaines, on sera en mesure d'annoncer de bonnes nouvelles pour différents secteurs du Nouveau-Brunswick au niveau des besoins en immigration et qui n'ont pas de liens avec [la campagne électorale fédérale]
, assure-t-il.
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