Une jeune Inuk crée des pinceaux de maquillage en bois de caribou
Saelym DeGrandpré, une sculptrice Inuk de 23 ans, transforme des bois de caribou en manche pour pinceau de maquillage. Âgée de 23 ans, étudiante en graphisme à la Toronto Film School, elle donne ainsi une nouvelle vie à ces éléments osseux, espérant raconter l’histoire des animaux et de ceux qui les ont chassés à Baker Lake, au Nunavut. Quand elle était plus jeune, sa famille l’a encouragée à sculpter de petites pierres, lorsqu'une histoire l’a marquée. Un chaman disait qu'en sculptant le rocher il faisait sortir l'esprit du rocher. Saelym DeGrandpré travaille dans le garage de son beau-père, dans la banlieue d'Ottawa. Elle se trouve dans le studio qu'il lui a aménagé pour l'encourager à sculpter. Photo : Radio-Canada / Isabel Harder Dans le garage de son beau-père à Ottawa, devenu son atelier, une poussière de bois broyés vole dans les airs, mais le plus perceptible, c'est l’odeur qui s'en dégage, ce qu’elle adore. Saelym DeGrandpé nettoie les bois, les coupe à l'aide d'une scie, puis les ponce pour en éliminer les imperfections et en faire ressortir la couleur. Elle les assortit ensuite à du crin fabriqué, mais elle aimerait faire son propre crin à partir de fourrures récoltées dans le Nord. En plus de sculpter les bois, elle y grave des tatouages traditionnels. Saelym DeGrandpé nettoie les bois, les coupe à l'aide d'une scie, puis les ponce pour en éliminer les imperfections et en faire ressortir la couleur. Photo : Radio-Canada / Isabel Harder La sculpture fait partie de la culture inuit depuis bien avant l'arrivée des colons. Traditionnellement, les Inuit sculptaient les bois de cervidés pour en faire des outils, comme l'ulu, utilisé pour couper la viande ou faire des jouets pour les enfants. Même si, aujourd'hui, l’usage et les outils sont différents, l’art inuit a toujours fait partie de son quotidien, car sa grand-mère créait des parkas et faisait de la broderie. Le travail de Saelym DeGrandpé commence d'ailleurs à être connu, après qu’elle a eu le courage de publier ses premières photos cette année sur Internet. Les photos de son travail, mis en lumière sur le réseau social Instagram, ont dépassé les 10 000 « j’aime ». Son art a été relayé à travers des communautés inuit. Son beau-père, Kelly Adams, qui lui permet d'utiliser son garage, dit que ces créations uniques perpétuent l’héritage des communautés du Nord. Kelly Adams dit être heureux de voir sa belle-fille redonner de la modernité à une culture ancestrale. Photo : Radio-Canada / Isabel Harder Les membres de la famille de Saelym lui envoient des outils du Nord pour qu’elle puisse poursuivre ses créations. Kelly Adams dit que les pinceaux ne sont pas quelque chose qu’il a déjà vu, ce qui expliquerait l'engouement sur Internet. Saelym DeGrandpré dit que les pinceaux sont un moyen pour elle de montrer qu'elle est fière de son identité, ce qu'elle a toujours défendu. Elle espère pouvoir continuer à apprendre l'artisanat et la culture auprès d'autres artistes et aînés à l'avenir. Entendre [les aînés] parler d'histoires qui ont été transmises pendant des millénaires, c'est extraordinaire. D'après les informations d'Isabel Harder

Une pratique ancestrale modernisée
C'est incroyable de voir combien de personnes sont intéressées par cette idée, par leurs pinceaux de maquillage et par la façon dont ils sont liés à la sculpture
, dit-elle.C'est quelque chose dont je suis très fier
, confie Kelly Adams. Cela permet de maintenir une grande partie de ce travail en vie.

C’est l'introduire dans une nouvelle ère. C'est quelque chose de différent
, dit-il.La narration d'histoires et l'apprentissage intergénérationnel sont très importants pour moi
, affirme-t-elle.
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