Les Premières Nations ont la faveur d’Ottawa, selon des pêcheurs
Les pêcheurs de homard gaspésiens accusent Ottawa d’avoir accordé aux communautés autochtones « un accès sans limite à toutes les pêches commerciales », au détriment des pêcheurs traditionnels. Ils estiment notamment que l'octroi de permis de pêche exploratoire au homard dans la zone 19, distribués en trois phases de Cap-Gaspé à Cacouna, ne s'est pas basé sur des données scientifiques fiables et crédibles et nuira à la pérennité de l'espèce. Quelque 150 pêcheurs d'un peu partout en Gaspésie se sont réunis à Chandler pour dénoncer, notamment, les critères d'attribution de permis de pêche exploratoire au homard. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, qui a organisé un rassemblement mercredi, rappelle que les pêcheurs gaspésiens ont investi des dizaines de millions de dollars, depuis 2006, dans des mesures de préservation de la ressource. Au total, 50 permis ont notamment été rachetés pour diminuer la pression sur les stocks de homard. Alors est-ce que c’est déraisonnable ou non? Nous, on juge que c’est complètement déraisonnable. Le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O'Neil Cloutier, qui représente plus de 160 pêcheurs, dit avoir été pressé par ses membres de prendre position sur les critères d'octroi de permis de pêche exploratoire aux communautés autochtones. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat Ces pêcheurs traditionnels déplorent ainsi que 60 % des casiers de pêche exploratoire aient été octroyés à des nations autochtones, estimant qu'il s'agit d'une pêche commerciale déguisée. Dans le secteur de Cap-Gaspé à Saint-Maxime-du-Mont-Louis, les huit pêcheurs commerciaux ne s’expliquent toujours pas pourquoi leur zone n’a pas été exclue d’une pêche commerciale. Ils dénoncent que des pêcheurs obtiennent gratuitement un permis, alors qu’ils se sont endettés et ont acheté un permis, pour certains, à plus de cinq millions de dollars. Daniel Boulay est pêcheur de homard au large de Gaspé et craint pour la viabilité des entreprises de pêche dans son secteur avec l'arrivée de permis exploratoire qui permettront la vente de homards. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat Le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels de la Gaspésie, qui représente plus de 160 pêcheurs, affirme aussi que Pêches et Océans Canada ne les implique pas sur les comités de cogestion des pêches avec les communautés autochtones. Si c'était le cas, des tensions seraient évitées, tout en favorisant un partage de la ressource plus équitable, croit-il. On ne nie pas les droits des Premières Nations, mais peut-on le faire de façon raisonnable, peut-on le faire de façon graduelle en nous consultant et en établissant un vrai plan? Les pêcheurs de homard estiment qu’avec ce plan de pêche exploratoire au homard, l’ex-ministre des pêches Diane Lebouthillier a fait passer ses intérêts politiques devant la préservation de la ressource. Il a été impossible d’obtenir une entrevue avec l’ex-ministre de Pêches et Océans Canada et candidate libérale dans Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Diane Lebouthillier. Mais par courriel, son équipe de campagne nous répond qu’ Le Regroupement craint aussi pour la survie des pêcheurs indépendants depuis la volonté du fédéral d’injecter 260 millions de dollars supplémentaires, énoncée il y a deux mois, pour permettre aux nations autochtones du Québec et des Maritimes de racheter des permis de pêche.
À partir de 2006, on nous a demandé de diminuer l’effort de pêche de 30 % pour sauver les stocks de homard et là, on assiste, avec l’annonce, à une augmentation de 112 % à terme, du projet, dans les zones 19 A2 à 19 C2
, explique le directeur général du regroupement, O'Neil Cloutier.
On le savait depuis le début, quand on a vu que les pêcheurs autochtones allaient avoir 250 casiers chacun, au lieu des 100 casiers pour les autres pêcheurs, alors c’est clairement une pêche exploratoire déguisée en pêche commerciale
, explique le pêcheur de homard de Gaspé, Daniel Boulay.
Avec des permis de pêche qui vont être émis gratuitement, dans notre sous-zone, l’effort de pêche va être doublé et ça va avoir un effet sur les prix payés au débarquement
, ajoute le pêcheur gaspésien.On doit le dire, c’est une décision politique, l’ex-ministre a utilisé son pouvoir discrétionnaire pour mettre en place ce qui était un plan déguisé pour permettre aux communautés autochtones d’avoir davantage d’accès aux pêches
, ajoute monsieur Cloutier.au cours de son mandat, madame Lebouthillier s’est toujours assurée de trouver un juste équilibre entre le développement d’opportunités économiques pour les pêcheurs gaspésiens et madelinots et la protection de la ressource. La pêche exploratoire annoncée en décembre mettra à contribution l’expertise des Premières Nations et de l’industrie dans un but commun, celui de recueillir des données importantes et créer des retombées économiques pour l’ensemble des régions côtières au Québec
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