Un financement inéquitable, selon le président de la Fraternité des policiers de Saguenay
Alors que se déroulait jeudi à Québec le premier Colloque sur le financement des services de police municipaux du Québec, le président de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Saguenay, Francis Bouchard, a déploré une répartition inéquitable du financement entre les différents corps policiers du Québec. Il estime qu’une iniquité persiste entre les villes qui ont leur propre service de police et celles qui le sont par la Sûreté du Québec (SQ). Le gouvernement du Québec paie à 50 % la facture des services de police qui sont de niveau 1 (population de moins de 100 000 habitants). En contrepartie, il paie en totalité pour les services spécialisés de la Sûreté du Québec (niveau 6), ce qui inclut les enquêtes, les mesures d’urgence et les mesures de soutien, a-t-il ajouté. Deux agents du Service de police de Saguenay (SPS) sont dans une voiture de patrouille. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Jonathan Lamothe Mardi, le ministre de la Sécurité publique du Québec, François Bonnardel, a proposé d’envoyer des enquêteurs de la SQ pour prêter main-forte au Service de police de Saguenay (SPS) alors que la violence armée a augmenté sur son territoire dans les derniers mois. Cette offre faisait suite à la demande de la Ville de Saguenay de rembourser les 3,2 millions de dollars déboursés par Saguenay pour la création du Groupe d'intervention en violence urbaine. Francis Bouchard estime toutefois que cette aide ne sera pas suffisante pour aider le corps de police à faire face adéquatement à cette situation. Au niveau de la patrouille des enquêtes, du travail qui est fait à Saguenay, on peut dire que ça va être un plaster, mais le plaster, on va le retirer avant que la blessure soit guérie. Mercredi, la mairesse de Saguenay, Julie Dufour, s’est également dite déçue de cette proposition. Elle a d’ailleurs réitéré la demande de 3,2 millions de dollars. Depuis plusieurs mois, la tension a monté d'un cran sur le territoire de Saguenay. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Lauriane Boudreau Le conflit armé crée également une pression chez les agents du SPS. Le SPS a rapporté 68 événements criminels, 80 arrestations, 30 saisies d'armes à feu et 6 victimes collatérales en lien avec le conflit depuis septembre 2023. Dans les derniers jours, une tentative de meurtre a eu lieu dans une épicerie de Laterrière et une résidence a été criblée de balles à Shipshaw. Les deux incidents sont liés au conflit armé, selon la police de Saguenay.L'effort financier que Saguenay doit faire est nettement supérieur aux villes qui sont desservies par la Sûreté du Québec. [...] Saguenay fait des choix, mais elle doit payer la facture complète de son service de police, qui est au-delà de 40 millions de dollars par année
, a affirmé Francis Bouchard en entrevue à l’émission Place publique.
Le prêt d’enquêteurs pas suffisant

Du stress et de la fatigue chez les agents
Ça amène une surcharge de travail. Ça amène à prioriser certains dossiers. C'est des dossiers où ça va vite, où on veut conclure le dossier, où on veut donner des résultats, donc ça amène une fatigue chez l'effectif, mais tout le monde met l'épaule à la roue. C'est un contexte qui est particulier
, a expliqué Francis Bouchard.
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