Les Hurons-Wendat échouent à faire stopper les travaux d’un projet éolien
Les Hurons-Wendat ont tenté, en vain, de suspendre les travaux de déboisement nécessaires à la construction d'un projet de parc éolien situé au Bas-Saint-Laurent, à plus de 200 kilomètres de Wendake. La Nation demandait un sursis au décret publié par Québec qui autorisait la réalisation du projet Pohénégamook–Picard–Saint-Antonin–Wolastokuk (PPAW) I parce qu'elle n'a pas été consultée au préalable. Implorant les tribunaux d'invalider le décret et de le déclarer inconstitutionnel avant le début des travaux, la Nation a plutôt été déboutée en Cour supérieure. Elle réclame depuis des mois le droit d'être entendue sur l'implantation de quatre projets éoliens, au motif qu'ils seront érigés sur ce qu'elle considère comme son territoire ancestral. Dans un jugement publié à la fin du mois de février, la juge Marie Cossette n'a pas adhéré aux arguments hurons-wendat selon lesquels les travaux de déboisement autorisés par décret causeraient à la Nation un Un tel sursis aurait causé Retarder ne serait-ce que de quelques mois le déboisement pourrait exposer les promoteurs et partenaires du projet à Une fois achevé, le projet éolien pourra produire jusqu'à 350 mégawatts, ce qui en fera le plus puissant à l'est de Québec à ce jour. Photo : Fournie par Invenergy Les communautés locales, partenaires dans ce projet évalué à un milliard de dollars, pourraient aussi en pâtir, rappelle la juge Cossette en évoquant les emplois générés par la construction du parc éolien. L'échéancier et la viabilité de PPAW I pourraient également s'en retrouver compromis, de l'avis de la magistrate. Les travaux de déboisement devraient alors s'effectuer à l'automne – après la période de nidification des oiseaux –, ce qui rendrait une livraison avant la fin de 2026 improbable. Après cette année, l'entrepreneur général n'est plus disponible, note la juge. Pour justifier la tenue d'une consultation et la mise sur pause du décret, la Nation huronne-wendat affirme que ses ancêtres avaient l'habitude de chasser sur la rive sud du Saint-Laurent, jusque dans le secteur de Rivière-du-Loup. Selon eux, cela leur permettrait de revendiquer certains droits sur le territoire, y compris d'avoir voix au chapitre pour des projets. Pour sa part, la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk a aussi tenté d'intervenir, sans succès, dans le débat judiciaire en remettant en question les prétentions des Hurons-Wendat. Les Wolastoqiyik, eux, ont été consultés et sont partenaires des projets éoliens pilotés par l'Alliance de l'énergie de l'Est. De toute façon, la Nation huronne-wendat a eu à plusieurs reprises l'occasion de faire valoir ses revendications par le passé, mais ne l'a pas fait, remarque la magistrate. Par exemple, les Hurons-Wendat n'ont participé à aucune des nombreuses consultations publiques concernant le projet de 56 éoliennes. Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a tenu plusieurs séances pour permettre à la population et à des intervenants de se prononcer sur le projet éolien, l'an dernier. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross D'autre part, la juge indique que la Nation, informée dès avril 2023 du projet, ne s'est jamais offusquée du fait que Il est donc étonnant que [la Nation] prétende à un préjudice irréparable alors qu’elle n’a pas "pris action" pour en prévenir l’apparition au fil du temps ou du moins, minimalement, à partir du moment où le Projet est devenu plus concret. De plus, un juge de la Cour d'appel qui s'est penché sur une permission d'appeler de la décision note que le déboisement ne concerne qu'une infime partie du territoire revendiqué par les Hurons-Wendat (2,86 km2 sur environ 30 000 km2). Leur demande d'appel a été rejetée au début du mois de mars. La Nation n'a pas répondu à notre requête pour obtenir un commentaire. Selon un bulletin hebdomadaire publié par les promoteurs, Invenergy et l'Alliance de l'énergie de l'Est, les travaux de déboisement ont pu être lancés le 26 février, le même jour que la publication du jugement de la Cour supérieure.préjudice irréversible et irréparable
. d'importantes conséquences
sur le parc éolien, a relevé la juge en soupesant les inconvénients d'un délai. des coûts, pertes et possibles réclamations de l'ordre de 217,5 millions de dollars
, peut-on lire dans le jugement de 14 pages. 
Manque de
diligence
?
plus de 3000 hectares
de forêt ont été coupés en 10 ans sur le territoire où sera implanté le parc éolien.
Advertising by Adpathway









