Les musulmans de Winnipeg célèbrent le ramadan en solidarité
À Winnipeg, ils sont de plus en plus nombreux à se rassembler pour prier et rompre le jeûne pendant le ramadan. Lors des prières de la nuit du doute, vendredi soir, la Grande Mosquée a dû fermer ses portes, ayant atteint sa capacité maximale. La nuit du doute marque la fin du mois lunaire dit du Chaâbane et détermine le début du mois sacré de jeûne pour les musulmans. Chaque année, les musulmans du monde entier observent le jeûne pendant le mois sacré du ramadan, le neuvième mois du calendrier musulman. Il existe près d’une dizaine de lieux de prière pour les musulmans pendant le ramadan dans la capitale manitobaine. Ibrahim Diaby, enseignant et Oustaz dans la communauté ivoirienne, a mis du temps avant de retrouver la chaleur de son pays pendant le ramadan. Mais les infrastructures manitobaines lui permettent de vivre cette période comme à la maison. Je suis arrivé au Canada en 2013. De Montréal en passant par Sudbury, pour le ramadan, Winnipeg c’est le summum. Abdoulaye Koné, Canadien d'origine ivoirienne, a aussi remarqué que la communauté musulmane grandit. Même si on ne peut pas avoir la même ambiance qu’au pays, on se rapproche quand même assez. Pour Abdoulaye Koné, le ramadan se déroule en communauté. Les nouveaux arrivants bénéficient aussi de cette solidarité communautaire. « Les membres de la communauté vont s’inviter les uns les autres », confirme Ibrahim Diaby. Cette solidarité fait partie des piliers du ramadan. L’Université de Saint-Boniface a vu sa communauté musulmane grandir ces dernières années, comme l’explique le directeur général de l’association étudiante de l’Université de Saint-Boniface (AEUSB), Beydi Traoré. Beydi Traore, le directeur général de l'Association étudiante de l'Université de Saint-Boniface (AEUSB), est à l'extérieur de l'USB. (Photo d'archive) Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin Face au nombre important d’étudiants immigrants musulmans, il est important que les étudiants aient des lieux de prière et de rassemblement au sein de l’établissement. C’est l’une des missions du club des étudiants musulmans de l’USB, fondé il y a environ 4 ans. Pour les étudiants qui arrivent ici, ils trouvent ces repères et ça aide à leur acclimatation au Canada. Des repas sont prévus tous les soirs pour les étudiants, et la chapelle est exceptionnellement ouverte en soirée pour les prières. L’ambiance du ramadan se ressent à l’Université : de nombreuses affiches sur les murs souhaitent un bon ramadan à la communauté étudiante. Pour le directeur de l’AEUSB, c’est une belle évolution depuis ses premières années à l’Université. À l’occasion de la première rupture du jeûne ce samedi soir, la Grande Mosquée invite tout le monde à venir assister à la rupture du jeûne et à en apprendre un peu plus sur le ramadan. La première version de cet événement était limitée aux enseignants invités par leurs élèves. Aujourd’hui, l’invitation de la Grande Mosquée est ouverte à tous. La rupture du jeûne à l’Université de Saint-Boniface est également ouverte aux non-musulmans, tous les jours. C'est ouvert à tout le monde. C'est justement ça le but que pour lequel le club a été créé, c'était, c'est vraiment pour partager la l'islam avec tout le monde. Beydi Traoré souligne aussi que ces initiatives entraînent de Comme dans beaucoup d’autres lieux, un événement spécial sera organisé à l’Université de Saint-Boniface à la fin du ramadan pour célébrer l’Aïd.Je suis là depuis 20 ans, je n’ai jamais vu ça
, raconte le porte-parole de l’Association islamique du Manitoba, Cheikh Ould Moulaye.Un ramadan loin du pays pour les immigrants
Ce qui me manquait véritablement, c’était la chaleur humaine à laquelle j’étais habitué avec mes amis quand on se retrouvait dans les mosquées
, raconte-t-il.C’est exactement comme en Côte d'Ivoire, parce qu’on a les amis, on peut aller facilement à la mosquée, et on est mieux intégré dans la communauté manitobaine
, explique Ibrahim Diaby.Il y a quelques années, on n'était pas si nombreux et on était plus isolés
, explique-t-il. L’Ivoirien d’origine est ravi de voir les choses évoluer.Entre nos frères, nos familles, on fait la rupture collective et on prie ensemble
, affirme M. Koné.C'est l'une des raisons pour lesquelles on a mis l'Association des Ivoiriens du Manitoba sur pied
, explique Abdoulaye Koné.L’USB devient un lieu de rassemblement pour les étudiants musulmans

Pendant le mois de ramadan, ils sont assez occupés, car ils organisent les ruptures du jeûne
, explique Beydi Traoré.Il y a une grosse différence et c'est en partie dû au club qui a été formé par les étudiants
, explique-t-il.Plus on se connait, mieux on s’apprécie
beaux moments de partage et des connexions
. Cela pousse aussi les autres étudiants à se poser la question de savoir c’est quoi le ramadan
.
Advertising by Adpathway









