Entre IA et rôle gouvernemental, l’empreinte d’Elon Musk inquiète
Avant même son entrée à la Maison-Blanche, Donald Trump a annoncé qu’il confiait la responsabilité de son nouveau « département de l’efficacité gouvernementale » (DOGE) à Elon Musk, qui a investi plus de 259 millions de dollars américains pour soutenir la campagne présidentielle du républicain, selon les données officielles déclarées à la Commission électorale fédérale. Parallèlement, le dirigeant des entreprises Tesla et SpaceX est aussi propriétaire du réseau social X et à la tête de xAI, une entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA). Ce double rôle La chercheuse, analyste et conseillère en IA Ana Brandusescu souligne que Elon Musk en est l’exemple, lui qui a eu accès aux contrats gouvernementaux qui font concurrence à ses propres entreprises, rappelle Renee Sieber, professeure associée à l’Université McGill. Selon la professeure, nous devrions être inquiets de Elon Musk a pris la parole lors de la première réunion du Cabinet de Donald Trump, mercredi. Photo : Getty Images / AFP / Jim Watson Elle souligne également qu’avoir accès à ce type de données s’avère Depuis la mise en place du DOGE, Elon Musk et ses collaborateurs ont mis la main sur des données de systèmes gouvernementaux, comme les numéros d’assurance sociale des Américains, le salaire des employés fédéraux et les renseignements de tous les citoyens qui reçoivent des prestations d’assurance maladie. L’équipe du DOGE a également eu accès aux fichiers de l’agence des ressources humaines du gouvernement (OPM). Cela permet, entre autres, de créer des algorithmes et de comprendre comment s’adresser à une partie de la population, selon leurs intérêts, leur statut social et leur lieu de résidence. Par conséquent, il est plus facile d’influencer le contenu et les messages proposés aux personnes. Mme Sieber décrit cette pratique comme une Elon Musk sur scène avec Donald Trump à Washington, à la veille de l'assermentation de ce dernier. Photo : Associated Press / Alex Brandon Fanny Tan souligne qu' Pour sa part, Ana Brandusescu s’inquiète de l’influence qu’a le propriétaire de X sur son réseau social alors qu’elle remarque que les publicités qui y sont présentées sont maintenant Parallèlement aux travaux du DOGE, Elon Musk et sa compagnie xAI ont lancé la plus récente version de son robot conversationnel, Grok 3. Selon l’homme d’affaires, ce robot pourra Les employés de xAI et le patron de l'entreprise, Elon Musk, lors de la présentation de la troisième version de Grok. De gauche à droite : Igor Babuschkin, Jimmy Ba, Yuhuai (Tony) Wu et Elon Musk. Photo : X / Capture d'écran @xAI L’idée qu’un robot conversationnel puisse accomplir une fonction informative véridique fait sourciller Marie-Jean Meurs, professeure en IA à l’Université du Québec à Montréal. Contrairement à ce que prétend Elon Musk, les applications comme Grok et ChatGPT ne peuvent pas être utilisées pour informer, insiste-t-elle. En ce sens, le robot conversationnel peut générer du contenu selon l’information qui lui a été donnée. C’est là, selon la professeure, que réside un risque de mésinformation et de désinformation. Pourtant, Elon Musk soutient que son IA serait en mesure d’offrir la vérité ultime. Fanny Tan s’inquiète de ce type de sous-entendus alors qu’il est connu que le réseau social X a privilégié certaines informations. On peut se dire qu’il y a la même chose du côté des réponses que va donner [Grok] qui pourrait être à la solde de Donald Trump. On voit qu’il y a une énorme concentration du pouvoir. Le tout, dans un contexte où l’administration Trump a annoncé mardi qu’elle choisirait elle-même les quelques journalistes admis près du président. Un véritable resserrement du contrôle de l’information, tant sur le plan de la couverture médiatique que de ce qui est véhiculé en ligne. Plusieurs poursuites judiciaires ont été intentées contre le DOGE — qui n’est pas reconnu comme un département exécutif —, tant pour remettre en question sa légitimité que pour lui bloquer l’accès à des données sensibles. Fanny Tan est d’avis qu’il est un peu trop tard puisque dans certains cas, l’équipe d'Elon Musk a déjà eu accès aux données. La Maison-Blanche a d’ailleurs été contrainte par la cour de fournir des explications sur les activités du DOGE et, plus précisément, sur le rôle du multimilliardaire, qui est au cœur de plusieurs des poursuites. Contrairement au discours du principal intéressé ainsi que de celui du président américain, l’administration a tenté de dissocier Elon Musk du programme DOGE, le qualifiant plutôt de Elon Musk tient une tronçonneuse aux côtés du président argentin, Javier Milei, lors de la conférence annuelle Conservative Political Action Conference (CPAC). Photo : Getty Images / AFP / Saul Loeb Pourtant, c’est en brandissant une tronçonneuse lors d’un rassemblement qui avait lieu quelques jours plus tôt qu'Elon Musk s’était attribué le mérite d’avoir mené l’équipe mandatée de sabrer dans les dépenses gouvernementales. L’homme d’affaires a été invité à la première rencontre du Cabinet de Donald Trump, où le président lui a demandé de parler du DOGE. Installé à l’écart de la table où se trouvaient les membres du Cabinet, M. Musk a dressé un long bilan des activités du DOGE. Contrairement aux membres du Cabinet, la nomination d'Elon Musk n’a pas eu à être confirmée par le Sénat.fait vraiment très peur à plusieurs personnes en politique, mais aussi [...] en cybersécurité
, souligne Fanny Tan, chercheuse en résidence à l’Observatoire des conflits multidimensionnels de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM.Double rôle, double pouvoir?
maintenant, c’est clair, il y a une non-division totale entre le secteur public et le secteur privé
aux États-Unis.l’invasion de Musk dans les agences gouvernementales [puisqu’il] pourrait utiliser les données de ces systèmes pour punir des gens ou ses concurrents
.
bénéfique pour des entreprises d’intelligence artificielle, comme xAI
.Quand on a accès aux données de l’IRS [Internal Revenue Service, c’est-à-dire le fisc américain, NDLR], aux données de la sécurité sociale, et qu’on l’applique dans l’IA traditionnelle, on dispose de toutes ces données qui alimentent les systèmes de classification traditionnels d’apprentissage en profondeur de l’IA
, explique la professeure Sieber.forme de désinformation
.
il y a des études qui se font sur la façon dont Elon Musk aurait pu changer l’algorithme de recommandation pour mettre de l’avant ses propres tweets sur X et peut-être faire descendre des tweets prodémocrates
, explique la chercheuse.davantage des idéologies politiques
.La vérité selon Musk
rechercher au maximum la vérité, même si celle-ci est parfois en contradiction avec ce qui est politiquement correct
, a-t-il annoncé lors d’une présentation virtuelle de l’application.
Les robots conversationnels ne sont pas des outils d’information et ils ne le seront jamais. Ce ne sont pas des outils qui sont faits pour générer de l’information, ce sont des outils qui sont faits pour fabriquer des phrases. Il n’y a pas de validité dans ces contenus parce qu’[ils] ne sont pas conçus pour cela
, explique Mme Meurs.Si vous entraînez votre [robot conversationnel] sur un corpus où la Lune n’existe pas, jamais cet outil n’entendra parler de la Lune et ne pourra correctement répondre, explique la chercheuse. Dans ce cas, si l’on demande au robot si la Lune existe, il va dire qu’il ne sait pas, ou sinon, il va dire que ça n’existe pas.
C'est nous qui menons la danse
, a déclaré Donald Trump.Une gestion mystérieuse
Ça ne change pas grand-chose qu’on leur enlève l’accès après qu’ils aient déjà pu pénétrer ces systèmes-là, puis copier ces données-là. Il y a énormément de mystère aussi, on ne sait pas exactement ce qui se passe, parce que tout se passe justement dans l’ombre.
proche conseiller de Donald Trump
dans un document déposé en cour.
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