Lane Hutson et Macklin Celebrini, séparés et unis à la fois
Comment faire durer l’amitié? Il faut de la proximité, des rites, des habitudes, de la loyauté. Lane Hutson et Macklin Celebrini l’ont bien compris. Les deux anciens coéquipiers des Terriers de l’Université de Boston (BU) se retrouvent constamment depuis le début du mois de février. Ils ont d’abord soupé ensemble en Californie le 3 février, la veille de leur premier affrontement dans la Ligue nationale de hockey (LNH). On les a retrouvés une semaine plus tard, en train d’embraser leur ancien vestiaire de BU avant la finale du Beanpot, ce drôle de tournoi entre quatre équipes universitaires de la région bostonienne que les Terriers ont remporté. Comme Hutson est demeuré dans l’entourage de son alma mater pour s’entraîner quelques jours pendant que la Confrontation des 4 nations battait son plein, qui sait s’ils n’ont pas aussi célébré la majorité américaine du défenseur du CH le 14 février, jour de son anniversaire et de la Saint-Valentin… Il y a fort à parier que la réunion se poursuive mercredi, tandis que les Sharks de San José sont de passage à Montréal, même si Celebrini a assuré, sourire coquin aux lèvres, Couler ensemble des jours heureux à l’université crée des liens solides, nombreux pourront en témoigner, mais même une fois séparés par le repêchage et les aléas de la vie, Hutson et Celebrini ont toujours plusieurs choses en commun. Sur la patinoire au premier chef. Ryan Warsofsky, entraîneur des Sharks, a supervisé les premiers pas de Macklin Celebrini dans le circuit Bettman cette année. Il a aussi été témoin de ceux de Lane Hutson contre des joueurs professionnels pendant le Championnat du monde sénior en 2023. Warsofsky s’occupait des défenseurs, dont Hutson, 19 ans seulement à l’époque. De dire que l’entraîneur a été impressionné par le jeune arrière relève de l’euphémisme. Sage décision. Hutson avait terminé la compétition avec deux buts et quatre passes en neuf matchs, au 2e rang des défenseurs les plus prolifiques de son équipe. Lane Hutson et Macklin Celebrini lorsqu'ils portaient les couleurs des Terriers de l'Université de Boston. Photo : La Presse canadienne / Andy Clayton-King Surtout, c’est son audace et sa compréhension du jeu qui l’avait marqué. La capacité à rebondir après une gaffe, par exemple. Ce que Celebrini fait admirablement aussi, a précisé l’entraîneur des requins. Et les deux ont un trait commun qui distingue généralement les grands joueurs des autres. C’est incroyable le succès qu’il a. Ce n’est pas une surprise pour moi, je l’ai vu à l’œuvre l’an dernier. C’est cette même inébranlable foi en ses capacités qui a permis à Hutson de briller pendant le Championnat du monde, a dit son ancien entraîneur avec l’équipe nationale des États-Unis. Quand le jeu se resserrait, que le temps et l’espace manquaient, le défenseur du Canadien, malgré le frêle esquif qui lui sert de charpente, trouvait la façon de se démarquer et de demeurer efficace défensivement. De bons atouts à avoir pour d’éventuels matchs en séries lorsqu’on est le défenseur le plus léger de toute la LNH. Tout cela fait en sorte que les deux compères font tourner les têtes cette saison et sont devenus, au moment d’écrire ces lignes, deux des principaux candidats au trophée Calder, remis à la recrue par excellence. Hutson mène les nouveaux venus avec 43 points, talonné de près par Celebrini et Matvei Michkov, deux attaquants, qui en comptent respectivement un et deux de moins. On peut inclure le gardien des Flames de Calgary Dustin Wolf dans la conversation, même si le fait qu’il aura bientôt 24 ans pourrait jouer contre lui. À l’inverse, les défenseurs de cet âge aussi performants sont excessivement rares. On a bien essayé de tirer les vers du nez à Celebrini pour savoir s’il y avait entre lui et Hutson un pari fraternel à savoir lequel des deux remportera cet honneur individuel. Il n’y a rien de tel, a-t-il lancé. Ça peut toujours changer au souper autour d’un bon méchoui. Dans le coin opposé au casier de Celebrini dans le vestiaire des visiteurs se trouvait Marc-Édouard Vlasic. Le Québécois ne semblait pas en mener très large. C’est, pour lui, une autre saison frustrante où les Sharks croupissent au dernier rang de la ligue, une position qui leur est de plus en plus familière, eux qui n’ont pas conclu une saison plus haut qu’au 22e échelon depuis 2019. Difficile à prendre considérant qu’au cours des 13 premières années de sa carrière, Vlasic et les Sharks ont maintenu la 2e fiche en saison, derrière les Penguins de Pittsburgh, et ils étaient des prétendants à la Coupe Stanley chaque fois. Marc-Édouard Vlasic Photo : Getty Images / Claus Andersen Même si elle s’est amorcée en 2022, la reconstruction des Sharks n’en est qu’à ses balbutiements et promet d’être longue. Le Montréalais d’origine s’est blessé avant le début de la saison et n’est revenu au jeu que le 2 janvier. Depuis, il a été laissé de côté dans 11 des 19 matchs de l’équipe, mais il sera en uniforme jeudi soir contre le Canadien. À l’orée de la quarantaine et dans ce contexte déprimant, c’est à se demander ce qui le motive encore à se promener avec son petit baluchon, à part les 5,5 millions de dollars que lui doivent les Sharks pour la dernière année de son contrat en 2025-2026, intéressante raison s’il en est. Quelque part, n’est-ce pas ce que nous souhaitons tous?[qu’il ne connaît] pas trop le plan pour [mercredi] soir
.Audace et intelligence
Je ne le connaissais pas à l’époque, donc j’ai parlé à Jay [Pandolfo, son entraîneur à BU, NDLR]. Très rapidement, pendant le tournoi, on a vu qu’il s’améliorait chaque jour, et c’est là que j’ai réalisé que c’était un joueur spécial […] Au début, on le protégeait dans ses confrontations, mais il a bien fallu le laisser aller
, a expliqué Warsofsky rencontré dans les corridors du Centre Bell mercredi après-midi.
Il n’est jamais ébranlé. Le hockey est un jeu d’erreurs, tu vas en faire c’est sûr, mais lui, il met ça de côté très rapidement, dès la présence suivante. Il est capable de le faire parce qu’il a cette audace, cette confiance qui lui permet de jouer beaucoup de minutes dans les situations cruciales
, a lancé Warsofky, reprenant des thèmes chers à Martin St-Louis.À l’image de Celebrini, Hutson comprend, assimile et applique les concepts très rapidement
, a laissé tomber Warsofsky.Une course amicale
Ces éternelles reconstructions

J’aimerais ça que la reconstruction se fasse un peu plus rapidement
, a laissé tomber le défenseur de 37 ans.J’ai beaucoup de plaisir à venir à l’aréna, beaucoup de plaisir à jouer. J’essaie de faire durer le plaisir le plus longtemps possible
, a-t-il fait valoir.
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