Fermeture de Rencontres du Canada : cinq ans plus tard, les souvenirs restent
En février 2020, le plus grand forum jeunesse au pays a accueilli ses derniers participants. Cinq ans plus tard, plusieurs regrettent la disparition du programme Rencontres du Canada, qui a fait de l’identité canadienne sa priorité durant 38 ans. Cette professionnelle en communication originaire du sud-est du Nouveau-Brunswick fait partie des 113 000 personnes qui ont pris part à l’expérience Rencontres du Canada. Parmi celles-ci, certaines se sont ensuite illustrées, par exemple l’ancien ministre fédéral et ex-premier ministre de l’Alberta Jason Kenney, Paul Manning, l’activiste Taylor Quinn, l’autrice Amy Bright ou encore la chanteuse Jackie Sullivan. Michèle Josée Arsenault a participé à Rencontres du Canada en mars 2014. Photo : Radio-Canada / Gabriel Le Marquand Perreault En plus d’y apprendre l’histoire canadienne, les jeunes âgés de 14 à 17 ans suivaient un programme thématique bilingue sur différents choix de carrière, notamment les arts et la culture, Michèle Josée Arsenault a participé à la semaine thématique de Rencontres du Canada intitulée Elle garde Maintenant, Ottawa, c’est mon chez-moi. C'est là où j'habite et c'est là où je me sens bien. [...] C’est certain que [Rencontres du Canada] a eu un impact positif. Michèle Josée Arsenault n’est pas la seule à chérir les souvenirs de ce forum qui a cessé ses activités en février 2020, avant que l’annonce ne devienne officielle, un an plus tard. Depuis 2006, le forum était géré par l’organisme patrimonial à but non lucratif Historica Canada et financé par Patrimoine canadien. Au 1805, avenue de Gaspé, dans le quartier Manor Park, à Ottawa, anciennement connu sous le nom de Le programme Rencontres du Canada était offert au Centre Terry-Fox de la jeunesse canadienne, à Ottawa.
Photo : Radio-Canada / Olivier Plante Comme plusieurs autres anciens participants, Michèle Josée Arsenault se désole de la fin de Rencontres du Canada et craint que d’autres initiatives similaires ne suivent. Michèle Josée Arsenault a gardé « beaucoup de souvenirs » de sa participation à Rencontres du Canada, par exemple sa cocarde.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Le Marquand Perreault Tout récemment, l’impact de ce forum sur la jeunesse canadienne a été souligné par la gouverneure générale du Canada, Mary Simon. L’ex-directrice générale de Rencontres du Canada, Linda Brunet, a reçu la Médaille du service méritoire lors d’une cérémonie à Rideau Hall. Invitée à revenir sur les belles années de Rencontres du Canada, Mme Brunet, trop émue, n'a pas souhaité répondre à la demande d’entrevue de Radio-Canada. Historica Canada semble avoir tiré un trait définitif sur ce programme qui a vu le jour en 1982. Je pense que ce genre de programmes a encore sa place au pays, mais je pense que les jeunes ont énormément changé. Rencontres du Canada n’est d’ailleurs pas le seul forum jeunesse à avoir été touché par la pandémie de COVID-19. C’est également le cas de Jeunesse Canada Monde, qui a mis fin à son aventure en septembre 2022, faute de financement. Toutefois, au moment où le gouvernement du Canada semble vouloir insister sur l’identité canadienne pour contrer les menaces d’annexion du président américain Donald Trump – au point d’avoir créé un poste de ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes –, ce type d’initiative est toujours pertinent, selon Jill Clark, gestionnaire des communications pour la Fondation Rideau Hall, qui gère le Forum pour jeunes Canadiens. Depuis une quarantaine d’années, ce programme réunit entre 200 et 300 jeunes venus de tout le pays deux à trois fois par année sur la colline du Parlement pour leur apprendre le fonctionnement du système politique canadien. Ce programme a été brièvement fermé pendant la pandémie de COVID-19, mais il a été relancé en 2023. Mme Clark espère qu’il ne connaîtra pas le même C’est très dommage, mais c’est compréhensible, parce que les organismes ont de moins en moins de ressources. Jill Clark s’occupe des communications et des relations avec les médias à la Fondation Rideau Hall.
Photo : Radio-Canada / Georges-Étienne Nadon-Tessier Steven Guilbeault, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes ainsi que député libéral fédéral de Laurier–Sainte-Marie, se veut rassurant. Il se dit Dans une déclaration écrite envoyée à Radio-Canada, son cabinet ajoute que Dans le quartier Manor Park, la fermeture de Rencontres du Canada se fait sentir. Finie, l’agitation des grands rassemblements de jeunes Canadiens. À l’intérieur du Centre, les dortoirs ont disparu, les salles de classe ont été transformées en garderie, la cafétéria est devenue une salle multifonctionnelle et la peinture orange et turquoise a été troquée pour de la peinture blanche et grise. Seules quelques œuvres d’art ornent toujours les murs. Après l’abolition du programme, le bâtiment a été vendu à l’homme d’affaires Lalit Aggarwal dans le but de créer un centre communautaire. L’endroit est occupé par une école, une garderie et plusieurs organismes. Le conseil communautaire de Manor Park est responsable de la gestion des lieux. En entrevue à Radio-Canada, sa directrice générale, Lana Burpee, précise que des travaux de rénovation ont débuté au printemps 2023 et se sont échelonnés jusqu’à l’automne. Nous avons gardé certaines pièces qui n'ont pas vraiment changé mais qui ont été un peu modernisées avec de la peinture. Nous avons essayé de conserver le plus grand nombre possible d’œuvres d'art parce qu'elles sont magnifiques. Lana Burpee est la directrice générale du conseil communautaire de Manor Park.
Photo : Radio-Canada / Olivier Plante Néanmoins, tous les souvenirs n’ont pas disparu. Dans les archives du Musée canadien de l’histoire, à Gatineau, James Trépanier conserve jalousement de précieux artéfacts de Rencontres du Canada. Après la fermeture du programme, son équipe et lui-même se sont rendus au Centre Terry-Fox de la jeunesse canadienne pour récolter ces souvenirs. En entrevue à Radio-Canada, ce conservateur spécialisé en histoire de l’enfance et des mouvements sociaux explique que de nombreux programmes, comme celui-ci, ont été créés au début des années 1980 pour renforcer l’unité canadienne. Certains programmes étaient surtout axés sur l’identité canadienne. D’autres, comme Jeunesse Canada Monde, étaient surtout axés sur l’international. James Trépanier a acquis certains objets de Rencontres du Canada lors de la fermeture officielle du programme, en 2021.
Photo : Radio-Canada / Maxim Allain M. Trépanier espère que les souvenirs de Rencontres du Canada feront un jour partie d’une exposition sur l’unité nationale. Pour l’instant, ces objets se trouvent dans ce qu’il appelle la collection Le conservateur, lui-même un ancien participant de Rencontres du Canada, explique que ces programmes ont eu des impacts considérables sur une génération de jeunes aujourd’hui devenus des adultes.C’était ma première fois à Ottawa. [...] Je suis revenue à la maison et je me suis dit : "C’est là que je vais habiter et c’est là que je vais étudier"
, raconte Michèle Josée Arsenault.
Le Canada se souvient
, l’écologie et l’environnement, les affaires internationales, le journalisme et les communications, le droit, la médecine et la santé ainsi que les sciences et la technologie.Journalisme et communication
en mars 2014.beaucoup de souvenirs positifs
de ce forum qui lui a fait découvrir la grande ville
. Aujourd’hui, cette diplômée de l’Université d’Ottawa habite la région de la capitale fédérale.Fin abrupte en raison de la pandémie
En raison des défis et des coûts relatifs à la COVID-19, nous sommes attristés d’annoncer la fermeture de Rencontres du Canada. [...] Nous regrettons l’effet qu’aura [cette] fermeture sur les jeunes Canadiens qui espéraient participer au programme dans le futur
, pouvait-on lire sur la page Facebook de Rencontres du Canada en janvier 2021.Centre Terry-Fox de la jeunesse canadienne
, on accueillait chaque semaine des centaines de participants en provenance des quatre coins du pays.
Si on ne s’y attarde pas et qu’on laisse ces expériences-là partir, il va manquer des chances qui arrivent seulement une fois dans une vie pour les jeunes. [...] Il ne faudrait pas minimiser l’impact, c’est certain
, affirme-t-elle.
Elle a assuré le bon déroulement de chaque événement, les collectes de fonds nécessaires et la gestion de plus de 1000 bénévoles. Elle a facilité la transition du programme vers la Fondation Historica en 2005 et a touché la vie de plus de 60 000 jeunes de partout au Canada au cours de sa carrière
, a écrit le bureau de la gouverneure générale dans un communiqué.Historica Canada est
passé à autre chose
Pour l’instant, on est passés à autre chose et on regarde comment on peut rejoindre les jeunes de différentes façons
, confirme la vice-présidente au fonctionnement, Brigitte d’Auzac.destin
que Rencontres du Canada ou que Jeunesse Canada Monde.
fier de soutenir de nombreuses initiatives et [plusieurs] forums qui permettent à des milliers de jeunes à travers le pays de tisser des liens et de développer des compétences
.ces forums d’échange permettent non seulement de bâtir des ponts entre nos communautés à travers le pays, elles contribuent à renforcer notre identité canadienne
.La nouvelle vie du 1805, avenue de Gaspé

L’importance de préserver la mémoire de Rencontres du Canada
Plusieurs gouvernements, tant au niveau provincial que fédéral, se sont intéressés à la formation des jeunes, surtout à la formation civique. Au niveau fédéral, il y avait une grande inquiétude pour l’unité canadienne après le premier référendum de 1980 et la montée du Parti québécois au Québec
, dit-il.
COVID-19
du Musée, c’est-à-dire des artéfacts qui documentent l’impact de la pandémie sur les organismes et sur les institutions du pays. Devant une affiche de Rencontres du Canada qui date de 1983, il affirme être ouvert à l'idée d'accueillir d’autres objets-souvenirs de la part d’anciens participants au forum.
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