« Miracle » à St-Albert : une communauté soulagée mais en quête de réponses
« Je ne comprends pas. C’est impossible », laisse tomber Réal Demerse, assis sur un petit banc public en face du centre communautaire de St-Albert, dans la municipalité de La Nation. Le lieu s’est subitement transformé en quartier général de police dans le cadre des recherches pour retrouver la petite Claire Bell. De loin, il regarde la scène. Les policiers de la SQ et de la PPO ont assuré avoir pleinement collaboré pour retrouver la fillette de trois ans.
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov La petite Claire Bell, trois ans, a été retrouvée saine et sauve mercredi au bord de l'autoroute 417 dans la municipalité de La Nation, dans l'Est ontarien, à un peu moins d’une heure d’Ottawa. Elle manquait à l’appel depuis dimanche. Les recherches s’étaient concentrées dans les environs de Montréal et en Montérégie, au Québec, avant que des pistes ne mènent les enquêteurs vers l’Ontario. Rachel-Ella Todd, la mère de 34 ans, fait face à des accusations d'abandon illégal d'enfant. Elle avait signalé la disparition de sa fille dimanche à Coteau-du-Lac, en Montérégie. C’est à plus d’une heure de route de là où Claire Bell a été retrouvée. « J’attends maman, elle m’a dit de l’attendre », a dit Claire Bell aux policiers de la Police provinciale de l'Ontario qui l'ont retrouvée après quatre jours de recherches. Photo : Courtoisie Selon les policiers, la fillette était faible et déshydratée lorsqu’elle a été retrouvée et transportée à l’hôpital. En fin de journée, le centre communautaire de St-Albert, où les policiers avaient établi leur quartier général temporaire, grouillait d'agents et de représentants des médias, une scène hors du commun pour une communauté rurale habituellement paisible. Un sentiment de soulagement transparaissait sur les visages des policiers qui entraient et sortaient. On pouvait entendre l’un d’eux parler d'un À la très populaire Fromagerie de St-Albert, qui se compare à un parvis d’église le dimanche pour cette communauté, plusieurs avaient leur hypothèse mais aucune réponse concrète. Derrière son tiroir-caisse, impossible pour Alex Aubin d’ignorer cette histoire. Parker Bedbrook, un employé de la Fromagerie de St-Albert, a confié avoir gardé l'œil ouvert lorsqu'il a appris que les recherches se concentraient dans le village. Photo : Radio-Canada / Samuel Blais-Gauthier Au comptoir de charcuteries de cette fromagerie, Parker Bedbrook était aux aguets. Ses collègues aussi, dit-il. Au comptoir laitier, un couple s’arrête le temps de prendre une crème glacée. Marc Ryan et son épouse Suzanne Tremblay-Ryan se disent soulagés du dénouement de cette histoire. Photo : Radio-Canada / Samuel Blais-Gauthier En soirée, les forces de l’ordre ont tenu devant le centre communautaire le premier point de presse depuis que la petite Claire Bell a été retrouvée. Des journalistes se sont attroupés sur place. Quelques résidents se sont aussi approchés dans l'espoir d’avoir des réponses, comme Lisa Laframboise. Cette maman et grand-maman a suivi l’affaire dès le début. Les policiers n'ont toutefois pas été en mesure de donner les détails sur les circonstances de la disparition de l'enfant ni sur ce qui s'est passé durant les trois derniers jours. Encore jeudi matin, des résidents de St-Albert interrogés ont tour à tour fait état de leur admiration pour la fillette. Certaines femmes ont aussi eu une pensée pour la mère, dont le processus judiciaire vient à peine de commencer. « C'est très rural, ici. Il y a des animaux sauvages... Ces derniers jours, la chaleur était accablante. La petite fille ne devait pas savoir où elle était », a témoigné Luisa Crassoski jeudi matin. Photo : Radio-Canada Mère de deux enfants de sept et neuf ans, Valérie Bérubé-Lévesque a utilisé le mot Mère de trois enfants, dont une fille de trois ans, Caroline Dandremont a admis éprouver un Avec les informations d'Emmanuelle Poisson, Claudine Richard et Charlotte Tremblay[Une histoire comme cela] dans des petits villages comme ici? C'est impensable
, ajoute cet homme de 89 ans.

miracle
au loin.Des employés mobilisés
Les gens posaient beaucoup de questions, mais je n’avais pas les réponses
, dit-il.
Entre employés, ça parlait beaucoup. Nous avons googlé le nom de la fillette pour bien nous souvenir à quoi elle ressemble
, raconte-t-il. Maintenant, j'espère qu’elle va être correcte.
C’est une histoire qui se termine bien. Mais il manque encore beaucoup de pièces au casse-tête
, lance Marc Ryan, un client venu avec son épouse faire ses courses.
Ça fait trois jours que nous suivons cette histoire
, ajoute Suzanne Tremblay-Ryan. J’ose croire que la petite a été accompagnée tout le long par une personne bienveillante… J’ose croire
, dit-elle.C'est dur à comprendre
, dit-elle C’est un gros soulagement que la petite soit en vie. Mais ça brise le cœur.
Quelle journée intense dans notre tranquille St-Albert! [...] C’est impressionnant de voir à quel point la solidarité a permis de créer un élan collectif puissant
, a pour sa part réagi sur ses réseaux sociaux le conseiller municipal local, Danik Forgues.La résilience
de la petite
, une pensée pour la mère
Je ne suis pas encore mère, mais je ne sais pas comment une telle chose peut arriver. Elle devait se sentir tellement seule!
a lancé Luisa Crassoski, qui exerce le métier d’éducatrice.La compréhension d’un enfant n’est pas abstraite. Si elle a dit [aux policiers] qu’elle attendait sa mère, c’est parce qu’on lui avait dit d’attendre ici. [...] C’est une petite fille innocente. Les enfants ont cette beauté innocente. Elle n’avait pas de compréhension, outre le fait qu’elle attendait sa mère, son réconfort
, a-t-elle ajouté.
horrible
en pensant qu’une petite fille de trois ans ait passé autant de temps potentiellement seule.C’est un soulagement qu’elle soit en vie. On s’attendait à un autre dénouement. J’espère que cette enfant aura tout l’amour qu’elle mérite et qu’elle n’aura pas trop de séquelles à long terme. Il faudra qu’elle ait de l’appui, la mère aussi, et que tout aille bien pour elle.
sentiment de culpabilité
de savoir que l’enfant se trouvait près de chez elle.Mon conjoint et moi passons ici tous les jours. Avoir su, on aurait aidé. [...] En tant que parent, je me dis que si ça avait été mon enfant, j’aurais apprécié qu’on l’aide… Mais on ne savait pas qu’elle était ici.
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