Une décharge de homards découverte en forêt sème la consternation chez les pêcheurs
La découverte d'une décharge de centaines de homards en forêt le long d'une route de campagne dans le sud-est du Nouveau-Brunswick sème la consternation chez les pêcheurs, qui soupçonnent que le marché noir en serait responsable, une situation qui représente plus que jamais une menace pour leur industrie. Dans la nuit de jeudi à vendredi, une automobiliste qui faisait la route entre Fredericton et Richibucto a fait la découverte d’une décharge de homards en pleine forêt le long de la route 116, près de Harcourt. Les images diffusées sur les réseaux sociaux ont choqué plusieurs pêcheurs de la région. On y voit au moins une vingtaine de caisses abandonnées qui contiennent des homards de tailles variées. Des témoins ont raconté que plusieurs homards étaient encore vivants lorsque cette décharge a été découverte. Photo : Gracieuseté : Charles LeBlanc Dimanche, Radio-Canada a été en mesure de se rendre sur place, un endroit situé près de Harcourt, dans le comté de Kent, et de confirmer que l'équivalent de milliers de livres de homard avaient été abandonnés en forêt. L’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), qui qualifie cette situation d’énorme gaspillage, soupçonne que ces crustacés étaient destinés au marché noir puisque des pêcheurs qui se sont rendus sur les lieux pour constater les dégâts ont raconté qu'ils ont vu des homards vivants. Luc LeBlanc est conseiller aux pêches à l'Union des pêcheurs des Maritimes. Photo : Radio-Canada / Justin Dupuis Si les homards sur place ont bel et bien été pêchés dans la région alors que la pêche commerciale ne commencera qu’en août, ce sont des centaines de livres de crustacés que les pêcheurs commerciaux ne pourront pas attraper dans leurs casiers, déplore M. LeBlanc. Selon lui, la valeur en magasin des homards gaspillés s’élève à au moins 20 000 $. Les frustrations sont très grandes chez plusieurs pêcheurs du sud-est de la province interrogés dimanche par Radio-Canada. Le marché noir du homard, selon eux, menace la pérennité de leur gagne-pain. Samuel Hébert-Daigle, un pêcheur de Sainte-Anne-de-Kent, abonde dans ce sens. Richard Vautour est convaincu, comme plusieurs citoyens du comté de Kent, que les homards découverts jeudi soir étaient destinés au marché noir puisqu'ils avaient été abandonnés en pleine forêt. Photo : Radio-Canada / Bader Ben Amara Comme ses collègues, Richard Vautour, un pêcheur de Cap Saint-Louis, pense que le homard vendu illégalement dans la province fait monter les tensions chez les pêcheurs. Le ministère des Pêches et des Océans n'a pas encore répondu à nos questions et la GRC n’a pas souhaité commenter ce dossier.
On soupçonne que cette décharge fait probablement partie de ce marché noir
, dit Luc LeBlanc, conseilleur aux pêches pour l’UPM. Le homard à ce temps-ci de l’année ne voyage pas très loin avant de mourir, donc si le homard était vivant sur le site, c’est sûr qu’il a été pêché dans les dernières 24 ou 48 heures.

J’étais frustré [quand j’ai vu les images], c’est wasté, c’est un mess, ça n’aurait jamais dû arriver. On aimerait savoir ce qui s’est passé là, on a une idée, mais c’est vraiment une honte
, lance Jason Poirier, un pêcheur de homard de Cap Lumière.C’est pas mal décourageant. On travaille dur pour essayer d’améliorer notre pêche et c’est pas mal triste de voir ça sur le bord du chemin
, dit cet homme qui est aussi président de la section locale 2 de l’UPM.
On sait que c’est pas quelque chose qui est légal pour avoir été jeté dans le bois comme ça, c’est ce qui est triste
, avance M. Vautour. On voit de plus en plus de choses de même qui se passent, c’est juste too much et on peut juste fermer les yeux pour so much longtemps, nous autres. La pression monte.
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