« Un rêve de petit garçon » : Éloa Latendresse-Régimbald en stage avec les Alouettes
Les Alouettes de Montréal ouvrent les portes de leur camp d’entraînement à Éloa Latendresse-Régimbald dans le cadre d’un stage organisé par la Ligue canadienne de football (LCF). Un rêve devenu réalité pour le porte-couleurs des Redbirds de l’Université McGill. Le quart-arrière savoure déjà pleinement ce baptême du feu chez les professionnels. Il a profité d’une première journée complète, mercredi, aux côtés des quarts des Alouettes et d’une sommité en la matière nommée Anthony Calvillo. Le principal intéressé est aux anges. Faire l'équipe, c'est un rêve, mais juste le stage de quarts, c'est vraiment plaisant aussi d'avoir l'occasion de porter [le logo des] Alouettes de Montréal sur le casque, sur le chandail, et tout. C'est vraiment un rêve de petit garçon. Je me rappelle encore d'aller voir les matchs quand j'étais plus jeune. C'est trippant. C'est aussi une occasion idéale de se tremper les orteils dans le football professionnel, de parfaire ses compétences et, qui sait, peut-être même de laisser une forte impression auprès de l'organisation montréalaise. Ce programme consacré aux quarts canadiens qui jouent dans l’U Sports, le circuit universitaire canadien, est une initiative de la LCF depuis 2010. Le camp d’entraînement des Alouettes s’amorcera officiellement dimanche, à Saint-Jérôme, mais certains membres de l’équipe, en l'occurrence les pivots, ont déjà repris du service et se préparent minutieusement en attendant que les rejoignent leurs coéquipiers. C’est sûr que ça peut être un peu intimidant à la base. En toute honnêteté, ça dépend aussi un peu des gens dont tu es entouré parce que c’est un beau programme de la LCF, mais ça n’a pas toujours été des expériences intéressantes pour tous les quarts que je connais qui y sont allés dans le passé. Ce que je lui souhaite, c’est d’avoir des gens qui lui ouvriront les portes, qui lui donneront l'occasion de compétitionner, qui vont le coacher. L’homme à la tête du programme de football des Redbirds ne tarit pas d’éloges à l’endroit de son protégé. Tant sur le terrain qu’à l’extérieur, la personnalité de l'athlète enchante Alex Surprenant, tout comme sa grande soif de réussite. Éloa Latendresse-Régimbald
Photo : Matt Garles Rares sont les repêchages fructueux pour les quarts canadiens dans la LCF. La plupart du temps, la position est blanchie durant l’encan national ou voit un seul élu être sélectionné. Mais pas cette année, où pas moins de trois pivots ont été choisis, en commençant par Taylor Elgersma (2e tour, 18e au total) en tête de liste, suivi de Kurtis Rourke (3e tour, 25e) et de Jonathan Sénécal (7e tour, 62e), des Carabins de l'Université de Montréal, un visage bien familier pour Éloa Latendresse-Régimbald. Cette situation ravit le meneur offensif, qui espère un jour suivre les traces de ce trio. Voir les quarts canadiens, mais surtout québécois, se faire repêcher, c'est vraiment quelque chose d'extraordinaire. Autant pour eux, ce sont des rêves de jeunes, puis ça ouvre la porte pour les prochains, les cohortes à venir. C'est une motivation, on se rend compte que le but est possible. Son entraîneur se réjouit également de cette récente percée des quarts nationaux, non sans apporter un bémol. Une quatrième saison attend Éloa Latendresse-Régimbald à l’Université McGill, avec des visées tant collectives que personnelles qui ne font qu’augmenter pour l’étudiant en éducation physique. Et pour cause. Ses prouesses offensives ont notamment permis aux Redbirds de quitter les bas-fonds du classement universitaire québécois, en plus de renouer avec les éliminatoires l'automne dernier, une première depuis celles de 2019. Et même le puissant Rouge et Or de l’Université Laval avait été chauffé dans son château fort à la suite d’une performance spectaculaire d'Éloa Latendresse-Régimbald, qui avait amassé 187 verges au sol. Le point d’exclamation d'une saison couronnée de succès, où il a largement dominé le circuit provincial dans l’ensemble des statistiques par la voie terrestre, en incluant les porteurs de ballon. Trois semaines en compagnie d'un groupe de quarts accomplis, actuels comme anciens, composé de Davis Alexander, d'Anthony Calvillo, de Jason Maas et de quelques autres homologues pourraient fort bien permettre à Éloa Latendresse-Régimbald de poursuivre l'accentuation de sa courbe de développement.C'est vraiment d'apprendre le plus possible, d'absorber et de pouvoir apporter le plus d'informations dans mon équipe pour la saison qui arrive. Anthony Calvillo, ce n’est pas n'importe qui, c'est une légende dans le monde du football. Donc, d'avoir l'occasion d'apprendre à ses côtés, c'est vraiment un privilège
, souligne Latendresse-Régimbald.Étant dans un stage, tu ne veux pas prendre trop de place, puis être trop extra, ce n'est pas ton équipe. Tu es beaucoup en observation, tu écoutes beaucoup plus que tu parles et que tu fais
, explique Éloa Latendresse-Régimbald.C'est simplement un bon gars. Éloa, c'est un gars qui est facile à côtoyer, qui est souriant, qui est de bonne humeur. C'est un gars qui est apprécié dans le vestiaire [...]. C'est un bon vivant. C'est un gars qui est juste heureux. C'est vraiment une bonne personne, tout simplement, qui est très facile à coacher
, ajoute-t-il.C'est vraiment un très, très grand compétiteur, enchaîne-t-il. Même dans un contexte de pratique, quand il n'est pas satisfait de ce qu'il fait sur le terrain, on peut le voir rapidement bouillir et se fâcher, mais pas de façon négative. C'est juste qu'il est un compétiteur très, très, très élevé. C'est un gars qui veut toujours bien faire.

Un repêchage qui donne espoir
Ça part de la façon dont la LCF traite ses quarts canadiens. En ce moment, je ne pense pas qu'on en maximise l'utilisation. Ça prendrait des ajustements au niveau des règlements, surtout concernant les ratios de joueurs canadiens et américains, pour faciliter l'entrée des joueurs nationaux. C'est quelque chose qui manque
, indique Alex Surprenant.Dans les dernières années, Danny [Maciocia] a essayé de proposer un règlement qui obligerait chacune des équipes de la LCF à avoir au minimum un quart canadien dans sa formation. C'est le genre de mesure qui ferait en sorte que ça favoriserait la transition vers le football professionnel. Mais c'est certain que tant et aussi longtemps que ça ne sera pas fait, ce sera difficile, malheureusement, pour nos quarts canadiens
, renchérit-il.Les Redbirds prêts à s'envoler
Au niveau des forces, on parle d’une double menace comme quart, donc de quelqu’un qui est autant dangereux avec la puissance de son bras qu'avec l'utilisation de ses jambes. Ce sont des qualités athlétiques qui sont hors normes à sa position. C'est définitivement sa plus grande force
, soutient l'entraîneur-chef de l'Université McGill.Ce qu'il faut garder en tête, c'est qu'en 2024, malgré lui, Éloa en était déjà à un quatrième système offensif en trois ans. Malgré les bons résultats qu'on a eus l'année passée, je savais que notre quart était capable d'en faire plus. Déjà, au camp de printemps qu'on vient tout juste de terminer, Éloa a vraiment montré un contrôle du système qui est à un niveau qu'on n'a pas vu durant la dernière saison. Je m'attends à ce que son niveau de performance continue à progresser
, conclut-il.
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