Moins de travailleurs étrangers dans les champs et les hôtels de l’Estrie cet été
Les travailleurs étrangers, qui représentent un maillon important de la production maraîchère, devraient être moins nombreux dans les champs de l'Estrie cet été. Même s'ils s'avèrent essentiels, plusieurs employeurs ont choisi d'en embaucher moins pour réduire leurs dépenses. De son côté, l'industrie hotellière demande de simplifier le traitement des permis de travail. À la ferme maraîchère St-Élie de Sherbrooke, 8 travailleurs du Guatemala s'activeront dans les champs de fraises, de framboises et de légumes variés. L'an dernier, ils étaient 10. Certains ont déjà commencé à préparer les récoltes. Elle devra donc redoubler d'efforts cet été. Mais selon elle, posséder une entreprise maraîchère en demande beaucoup : c'est « un choix de vie ». La ferme Vallée des grands potagers, à Compton, a pris la même décision.
Elle accueillera cette saison 4 travailleurs, 2 de moins que l'an passé.
La situation est semblable dans la majorité des fermes maraîchères, selon l'Union des producteurs agricoles (UPA) de l'Estrie. Les récoltes de l'an dernier ont été mauvaises. La situation financière peu enviable des entreprises les force à faire des choix, observe son président, Michel Brien. Il y a aussi une certaine inquiétude sur la capacité d'achat des consommateurs. La conjoncture économique est plus difficile. Il milite pour que les gouvernements viennent davantage en aide aux producteurs. L'industrie hôtelière souhaite garder ses travailleurs étrangers, alors qu'Ottawa demandent aux entreprises canadiennes de réduire les embauches. Elle lance un appel aux gouvernements du Canada et du Québec afin de faciliter le renouvellement des permis de travail pour les employés déjà établis dans ses établissements. Afin d’éviter des ruptures de service, elle demande que les délais de traitement soient réduits et que les permis de travail temporaires puissent être prolongés. « Certains établissements vont devoir fermer leur restaurant les lundis soirs, les mardis soirs, donc c'est moins de service », explique la présidente-directrice générale de l'Association hôtelière du Québec (AHQ), Véronyque Tremblay. D'autres devront fermer un étage complet, faute de personnel pour faire le ménage dans les chambres, ajoute-t-elle. Véronyque Tremblay, la présidente-directrice générale de l'Association hôtellerie du Québec. (photo d'archives) Photo : Radio-Canada L'AHQ soutient que plus de 90 % des établissements hôteliers éprouvent des difficultés à recruter pour la saison estivale et automnale. Les travailleurs étrangers occupent les postes les plus difficiles à combler. Ils travaillent à l'entretien ménager, comme cuisiniers et aide-cuisiniers ou à la réception. Leur absence met de la pression sur le personnel en place. « C'est aussi un épuisement sur nos équipes parce que certains prennent les bouchées doubles », met de l'avant Véronyque Tremblay. C'est un non-sens de s'entêter à vouloir nous priver de ces ressources-là. C'est un non-sens économique, c'est un non-sens opérationnel et c'est un non-sens humain. L'Union des municipalités du Québec (UMQ) se dit aussi très préoccupée par la pénurie de main-d'œuvre dans les régions, causée par les restrictions sur les travailleurs étrangers temporaires.Comme tout le monde, on est affecté par l'augmentation du coût de la vie, des salaires, de l'essence, explique la copropriétaire, Andrée-Anne Fisette. Comme c'est notre cinquième saison, on a plus d'expérience, on est plus efficace. On a pris la chance d'y aller avec moins de travailleurs et de faire nous-mêmes plus de tâches pour avoir des revenus suffisants.
Le soutien à l'agriculture, c'est moins de 1 % du budget fédéral, alors que dans les autres pays, c'est beaucoup plus.
L'industrie hôtelière demande des changements

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