Parc éolien Madawaska : une trentaine de participants à la commission du BAPE
Le projet de parc éolien Madawaska, au Témiscouata, suscite à la fois de grands espoirs socioéconomiques et plusieurs préoccupations environnementales, dans les neuf mémoires qui ont été présentés aux commissaires du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) mardi soir à Dégelis. Près de 25 personnes s'étaient rendues au centre communautaire pour l'occasion, en plus des 5 personnes en ligne. Les opinions et les recommandations exprimées balançaient entre les espoirs de développement socioéconomique et le désir de réduire le plus possible les impacts environnementaux. Le projet générera près de 600 emplois pendant les 18 mois de l’érection du parc éolien et une dizaine d’emplois permanents pour son entretien pendant les 30 années d’exploitation. EDF Renouvelables, Hydro-Québec et l’Alliance de l’énergie de l’Est sont partenaires en parts égales dans ce projet de 270 MW totalisant 45 éoliennes. Photo : Parc éolien de la Madawaska S.E.C. Sébastien Bourgault, directeur général de la Ville de Dégelis, est venu présenter le mémoire de la Ville et répondre aux questions des commissaires mardi soir. Photo : Radio-Canada / Veronique Duval De son côté, l’Organisme de bassin versant (OBV) du fleuve Saint-Jean a présenté 26 recommandations à la commission d'enquête. Antony Deschênes-Bellavance, Témiscouatain de souche et chargé de projet pour l’OBV du fleuve Saint-Jean, a affirmé que toutes les préoccupations et les recommandations de l’OBV ont été transmises aux promoteurs du projet, EDF Renouvelables, Hydro-Québec et l’Alliance de l’énergie de l’Est. Selon lui, toutes les recommandations sont importantes, mais deux se démarquent plus particulièrement. En marge de la commission, le président de l'Alliance de l'énergie de l'Est, Michel Lagacé, a réagi à l'intervention du Comité maskoutain vigilance éolienne, de Saint-Hyacinthe, qui demande à Québec de mettre tous les projets éoliens en pause le temps d'un BAPE générique sur le développement énergétique au Québec. Le président de l'Alliance de l'énergie de l'Est, Michel Lagacé, est venu écouter les présentations. Photo : Radio-Canada / Veronique Duval Le Bureau d’audiences publiques sur l'environnement (BAPE) était à Dégelis mardi soir pour la deuxième partie du processus, consacrée à l’audition des mémoires et aux suggestions de groupes sur le projet de parc éolien de la Madawaska. Photo : Radio-Canada / Veronique Duval Sébastien Bourgault estime que la population se montre favorable au projet, d'autant plus qu'elle a déjà une dizaine d'années d'expérience avec les parcs éoliens de Boralex. On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs. Le directeur du développement commercial de Marmen, Guillaume Angers, a souligné que l'entreprise est très reconnaissante de la position des promoteurs sur le contenu local dans ce projet, même si Québec n'a pas exigé de contenu québécois dans cet appel d'offres. Il affirme que l'empreinte carbone des entreprises locales est significativement moindre. Marmen estime qu'avec tous les projets à venir, on assure le maintien d'emplois pour les dix prochaines années. Les mémoires présentés mardi soir seront accessibles mercredi sur le site du BAPE. Les citoyens qui voudraient apporter une rectification de faits qui ont été présentés lors de ces séances pourront le faire avant le 2 avril. Les commissaires entendront neuf autres mémoires mercredi après-midi, toujours au Centre communautaire de Dégelis. Photo : Radio-Canada / Veronique Duval Le BAPE présentera ses recommandations avant le 24 juin, après quoi le ministre disposera de 15 jours pour publier le rapport. Au terme du projet, 45 éoliennes seront construites dans un périmètre qui chevauchera les territoires de la Ville de Dégelis et de la Municipalité de Saint-Jean-de-la-Lande, au Témiscouata. Avec les autres projets en gestation, près de 350 turbines sortiront de terre au cours des prochaines années au Témiscouata et dans le Kamouraska.
Nous, on pense que pour une communauté de 3000 habitants, 10 emplois c'est important. Les nouveaux chemins vont amener de nouveaux touristes, motoneigistes, chasseurs. On va attirer plus de gens, ce qui va assurer la pérennité des services
, a affirmé le directeur général de la Ville de Dégelis, Sébastien Bourgault, devant les commissaires.
Précautions environnementales
Il faut démontrer que les travaux n’auront pas pour effet d’augmenter le débit de pointe des cours d’eau en aval du bassin versant, et donc les risques d’inondation au Nouveau-Brunswick et dans le Maine, et il faut s’assurer du libre passage du poisson dans tous les cours d’eau
, affirme-t-il.Un BAPE générique?

Ce qui intéresse vraiment les gens qui habitent ici, c’est la façon dont leur territoire devrait être développé, occupé, habité. De se faire dire par les gens d'ailleurs : "Attendez donc", ce n’est pas une option
, déclare-t-il.2050, c'est demain matin dans l'histoire de l'humanité. Quand on voit les feux de forêt, les inondations, c’est maintenant. [...] Quand on a 64 ans, puis qu'on veut léguer quelque chose de différent à son enfant de 13 ans, on n’a pas le luxe d’attendre.

Mais à un moment donné, il y a eu des projets de pipeline. Est-ce que c'est un oléoduc qu'on veut ou c'est des éoliennes? Il faut faire nos choix
, estime-t-il. Le directeur général espère que la Ville sera partie prenante des décisions entourant ce projet.Contenu québécois
Si on prend l’ensemble des retombées quand on encourage le contenu québécois, la valeur ajoutée est extrêmement forte
, a-t-il expliqué aux deux commissaires.C'est 83 % de moins d’empreinte carbone que les concurrents, notamment en raison de la façon dont l'acier est fabriqué et de l'élimination du transport maritime des composantes d'éoliennes.
La commission se poursuit

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